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20/06/2017 07:52 EDT | Actualisé 20/06/2017 08:00 EDT

Chypre : les nouveaux pourparlers ne "vont pas être faciles" (ONU)

Les nouveaux pourparlers pour la réunification de Chypre qui s'ouvriront le 28 juin en Suisse "ne vont pas être faciles", a mis en garde mardi à Athènes l'émissaire des Nations unies sur ce dossier, Espen Barth Eide.

"Les positions de départ" des parties prenantes "sont très différentes, et il faudra beaucoup d'initiatives et de fraîcheur d'esprit" pour surmonter les désaccords, a souligné M. Eide à l'issue d'une rencontre avec le chef de la diplomatie grecque, Nikos Kotzias.

"Tout le monde m'a fait part de son intention de vraiment trouver une solution" mais "je ne promets pas que cela va marcher", "cela ne va pas être facile", a-t-il ajouté, après des navettes répétées tant à Nicosie qu'entre Athènes et Ankara.

L'ambition de l'Onu est que la conférence, "qui pourrait durer des semaines si nécessaire" dans la station alpine de Crans-Montana, en Suisse, dégage un "accord stratégique sur les dossiers clés", selon M. Eide. Cela laisserait encore "beaucoup de travail" pour finaliser la réunification mais déloquerait un règlement définitif, a-t-il estimé.

Ces questions clés portent "sur les garanties et de sécurité", qui nécessitent un accord des trois puissances garantes de l'île (Grèce, Grande-Bretagne et Turquie) et "les éléments cruciaux" des accords à trouver entre les deux communautés de l'île pour la répartition territoriale, les droits de priorité et le partage de la gouvernance, a-t-il énuméré.

La question de la sécurité et des garanties, qui oppose jusque là Athènes et Ankara "est une clé cruciale pour un règlement," a-t-il relevé.

Coté grec, le Premier ministre grec Alexis Tsipras a qualifié mardi les négociations prochaines en Suisse "de cruciales" dans un tweet.

Lundi, lors des entretiens avec son homologue turc à Athènes, Binali Yildirim, les deux hommes se sont montrés prudents et avaient souhaité "une solution juste" pour les chypriotes-grecs et chypriotes-turcs.

L'île de Chypre, dans le sud-est de la Méditerranée, est divisée depuis que l'armée turque a envahi en 1974 sa partie nord en réaction à un coup d'État visant à rattacher le pays à la Grèce.

La relance de la recherche d'un règlement pour réunifier l'île s'est jusque là heurtée, outre les désaccords entre les communautés, au refus d'Ankara d'évacuer les troupes qu'elle maintient sur l'île, alors qu'Athènes exige le départ de cette "armée d'occupation".

M. Eide avait toutefois fait part en janvier d'un "succès" de discussions techniques sur la sécurité.

Il a précisé que l'Onu présentera le 28 juin aux diverses parties un document recensant les positions des uns et des autres afin de "structurer les discussions".

Outre Nikos Anastasiades, président de la République de Chypre et le dirigeant de la communauté chypriote-turque Mustafa Akinci, des représentants des puissances garantes de l'île participeront également à la conférence, ainsi qu'un représentant de l'Union européenne en tant qu'observateur.

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