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20/06/2017 03:22 EDT | Actualisé 20/06/2017 03:40 EDT

Bombe dans un hôpital de Bangkok: un acte antijunte, avoue le suspect

Un Thaïlandais accusé d'avoir fait exploser une bombe artisanale en mai dans un hôpital militaire de Bangkok, trois ans jour pour jour après un coup d'Etat, a avoué mardi avoir agi par "haine" de la dictature militaire.

Wattana Phumret, un ancien ingénieur de 62 ans, a expliqué, devant la presse convoquée au siège de la police, avoir fabriqué cette bombe dissimulée dans un vase par "haine" des militaires.

"C'est la haine des gouvernements issus des coups d'Etat militaires qui m'a inspirée. Chaque coup d'Etat a entraîné un désastre économique et une restriction des droits de l'homme", a calmement ajouté l'homme, sorti pour l'occasion de sa détention de près d'une semaine par les militaires. Il a été ensuite conduit à l'hôpital pour une reconstitution.

Le 22 mai dernier, l'attentat avait fait plus de vingt blessés dans une salle d'attente de l'hôpital du roi Mongkut, notamment en raison des clous cachés dans la bombe.

Le chef de la junte, le général Prayut Chan-O-Cha, avait dans un premier temps écarté la piste d'un acte antimilitaire, largement évoqué en Thaïlande, la date de l'attaque coïncidant avec celle du coup d'Etat.

Depuis 1932, les militaires thaïlandais ont réussi à mener à bien douze coups d'Etat, dont deux sur la dernière décennie, 2006 et 2014.

En dépit d'une apathie apparente, alors que les rassemblements politiques restent interdits, la colère gronde dans une partie de la société.

Celle-ci est divisée entre les conservateurs ultra-royalistes, dont l'armée fait partie, et les partisans de la famille Shinawatra, qui a remporté toutes les élections nationales depuis 2001.

Le suspect de l'attentat du 22 mai a démenti appartenir à toute mouvance politique, que ce soient les Chemises rouges pro-Shinawatra ou les pro-royalistes. Il risque la prison à vie.

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