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20/06/2017 05:02 EDT | Actualisé 20/06/2017 05:20 EDT

Basket-ball: démission du président d'un club lituanien ayant tenu des propos racistes

Le président du club professionnel lituanien de basket-ball de BC Lietuvos Rytas a démissionné mardi devant l'indignation suscitée par ses commentaires à l'encontre de joueurs noirs, dans une affaire rappelant celle de l'ex-propriétaire de LA Clippers, Donald Sterling, en 2014.

M. Gedvydas Vainauskas, 61 ans, avait affirmé la semaine dernière à la télévision qu'il "ne fallait pas plus de deux joueurs noirs au sein de l'équipe".

"Quatre joueurs noirs sont apparus dans l'équipe et ont formé une sorte de gang", a-t-il aussi affirmé, à l'antenne d'une chaîne de télévision locale dont il est propriétaire.

Il a expliqué plus tard qu'il avait ainsi voulu "exprimer sa déception vis-à-vis de certains joueurs étrangers sélectionnés pour la saison", tout en s'excusant d'avoir été "mal compris".

M. Vainauskas a été remplacé par Antanas Guoga, homme d'affaires et député européen, qui a pris le contrôle d'environ la moitié des parts de ce 3e club du championnat national, qui a atteint le Top 16 de l'Eurocoupe.

"M. Vainauskas a démissionné aujourd'hui", a déclaré mardi à l'AFP le porte-parole de M. Guoga.

De son côté, le maire de Vilnius, Remigijus Simasius, a déclaré que ce changement au sein de la direction du club était "directement lié" aux propos "inexcusables" de M. Vainauskas.

Ces propos sont "contraires à toutes les valeurs que représentent le sport, le basket-ball et Vilnius, une ville ouverte, multiculturelle et multiethnique", a insisté le maire, interrogé par l'AFP.

La capitale lituanienne, elle, détient 25% des parts du BC Lietuvos Rytas, lui fournissant environ un million d'euros par saison.

En mai, le club a suspendu trois joueurs américains, accusés d'être sortis en boîte de nuit durant la série de demi-finale. Ces accusations ont été rejetées par les joueurs.

L'Euroligue, de son côté, a épinglé comme "profondément offensants, néfastes et contraires aux principes d'intégration et de respect" les propos de M. Vainauskas.

Plus qu'un sport national, le basket-ball est souvent considéré comme une deuxième religion après le catholicisme en Lituanie, pays fort de 2,8 millions d'habitants et occupant le 5e rang au classement mondial de basket-ball.

Cette affaire ressemble largement à celle qui a coûté la suspension à vie par la NBA en 2014 de l'ancien propriétaire de Los Angeles Clippers, Donald Sterling, pour cause de propos à caractère raciste à l'encontre notamment de Magic Johnson, ancienne gloire du basket-ball.

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