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10/06/2017 12:34 EDT | Actualisé 10/06/2017 12:40 EDT

La police polonaise dégage par la force des manifestants anti-Kaczynski

La police polonaise a dégagé par la force samedi soir quelques centaines de manifestants opposés à une marche conduite à Varsovie par le chef des conservateurs au pouvoir, Jaroslaw Kaczynski, pour commémorer le crash de l'avion présidentiel en 2010 en Russie.

Des manifestants réunis à l'appel de plusieurs organisations, dont des "Citoyens de la République polonaise", se sont assis sur la chaussée pour bloquer cet hommage mensuel aux 96 victimes de la catastrophe de Smolensk, parmi lesquelles figuraient le chef de l'Etat de l'époque Lech Kaczynski, frère jumeau du dirigeant du parti Droit et Justice (PiS).

Plusieurs manifestants se sont attachés les uns aux autres à l'aide d'une chaîne. Pour les dégager, la police a utilisé des ciseaux à métal, avant de les évacuer par la force. Parmi eux se trouvait Wladyslaw Frasyniuk, opposant historique au communisme et figure du syndicat Solidarité.

Les opposants ont scandé "le PiS viole la constitution", "A bas le fascisme", "A bas Kaczynski", "Nous avons le droit de protester". Plusieurs d'entre eux portaient des roses blanches, devenues le symbole de leur mouvement.

Le Parlement polonais, contrôlé par le PiS, a adopté en mars une loi spéciale rendant plus difficile l'organisation de contre-manifestations, dénoncée comme antidémocratique par l'opposition et le commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe Nils Muiznieks.

Selon le PiS, cette loi garantit la sécurité des manifestations.

Dans son discours habituel, M.Kaczynski a dénoncé "la barbarie" de la Russie et du précédent gouvernement libéral polonais, à propos de l'état dans lequel les corps des victimes ont été rendus à la Pologne, avec notamment des restes mélangés de plusieurs personnes retrouvés récemment lors des exhumations réalisées dans le cadre de l'enquête sur le crash.

Dénonçant, sans les préciser, ceux qui s'opposent en Pologne à la révélation de la vérité, il a parlé aussi de "la très grande importance des structures des services spéciaux des Etats étrangers en Pologne". "Cela n'empêchera pas la vérité de triompher", a-t-il ajouté.

Selon la première enquête russo-polonaise, le crash était dû au mauvais temps et à des erreurs humaines. Les conservateurs polonais croient eux à l'hypothèse d'un attentat, qui n'a pu être confirmée jusqu'à présent.

bo/via/glr