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10/06/2017 04:45 EDT | Actualisé 10/06/2017 05:00 EDT

Jussi Halla-aho, la ligne dure du populisme en Finlande

Jussi Halla-aho, nouveau leader du parti des Vrais Finlandais, condamné pour incitation à la haine, se plaint que son parti se soit adapté à l'exercice du pouvoir et ne se concentre pas davantage sur le combat contre l'immigration.

Successeur du ministre des Affaires étrangères et modéré Timo Soini, fondateur du parti, Halla-aho, 46 ans, pourrait maintenant menacer la coalition tripartite gouvernementale que les Finlandais ont porté au pouvoir en 2015.

"Les dirigeants du parti des Vrais Finlandais devraient avoir les mêmes priorité que ses partisans", plaidait Halla-aho en mai.

"La politique d'immigration et une sorte de mentalité +la Finlande d'abord+ devraient avoir une présence accrue dans notre politique publique", prévenait-il.

Participer à une coalition de gouvernement avec le Centre et les conservateurs a coûté cher à un parti qui a chuté de 17,7% des voix aux législatives de mai 2015 à 8,4% des intentions de vote, selon un sondage publié en février par Taloustutkimus.

Le déclin et les positions plus modérées de Soini, ont stimulé le soutien de Halla-aho et d'autres lignes dures du parti en particulier sur l'Europe et l'immigration.

"Je vois moi-même le patriotisme comme le ciment qui unit la plupart de nos partisans - avec la compréhension que le principal devoir des membres du gouvernement en Finlande est de défendre les Finlandais et leurs intérêts", avait-il encore indiqué en mars, lors de l'annonce de sa candidature.

Bien habillé et rasé de près, l'eurodéputé a été décrit par les médias finlandais comme donnant une "impression tendue et même timide" lorsqu'il est le centre d'attention à la télévision.

- Condamné pour blasphème -

Sa forte popularité au sein du parti n'est pas due à sa présence médiatique mais plutôt à son discours musclé contre l'immigration.

Sur son blog, en 2008, il dénonçait l'islam et pointait du doigt la communauté somalienne, l'une des principales communautés étrangères de Finlande.

Ces écrits lui ont valu une amende pour incitation à la haine raciale et blasphème, dans une affaire qui est allée jusqu'à la Cour suprême en 2012.

Halla-aho a plaidé non coupable, soutenant qu'il avait simplement utilisé des exemples sarcastiques pour mettre en évidence un "deux poids deux mesures" pour ce qu'il est permis de publier ou non en Finlande.

Il a demandé plus tôt cette année que la Commission européenne pénalise les organisations civiques qui secourent les migrants de la noyade lorsque leur bateau chavire en Méditerranée.

Né dans la petite ville de Tampere au sud de la Finlande le 27 avril 1971, Halla-aho a étudié la gestion dans l'hôtellerie et la restauration après ses études secondaires. L'astronomie, le tir au pistolet et au fusil sont ses passes-temps favoris.

En 1995, il a commencé à étudier le russe à l'Université d'Helsinki où il a également enseigné le vieux-slave avant de démarrer sa carrière politique.

Halla-aho est marié et père de quatre enfants mais les médias finlandais ont révélé en mai dernier qu'il en avait un cinquième né hors-mariage.

"J'ai fait des erreurs dans ma vie privée que je ne peux pas changer", disait-il sur Facebook, le 24 mai. "J'ai demandé pardon à mon entourage et j'ai vécu avec les conséquences que cela impliquent du mieux que je pouvais".

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