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10/06/2017 09:28 EDT | Actualisé 10/06/2017 09:40 EDT

France/législatives: Macron en quête d'une majorité pour appliquer son programme

Le nouveau président français Emmanuel Macron va tenter d'obtenir une majorité à l'Assemblée nationale pour mettre en oeuvre son programme, à l'occasion des élections législatives dont le premier tour se déroule dimanche.

Alors que son mouvement politique La République en Marche n'a qu'un an d'existence, il est en tête dans les sondages, alimentant la crainte des partis traditionnels d'être balayés.

Un mois après son élection, Emmanuel Macron, 39 ans, semble en passe d'obtenir une large majorité pour réaliser les réformes promises pendant la campagne électorale, au sein d'une Assemblée qui sera profondément renouvelée, à l'occasion des deux tours du scrutin, les 11 et 18 juin.

"Vague ou tsunami", s'interrogeait samedi le quotidien Libération, qui estime que "les électeurs semblent prêts à donner les clés de l'Assemblée à Emmanuel Macron", tandis que Le Parisien évoquait "le grand chamboule tout" et un bouleversement du paysage politique.

Les derniers sondages donnent à La République en marche 30% des intentions de vote devant le parti de droite Les Républicains (20%) et le Front national (extrême droite, 18%).

La France insoumise du tribun de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon obtiendrait 12,5%, loin devant le Parti socialiste de l'ancien président François Hollande (8%), plombé par une défaite historique au premier tour de la présidentielle.

"D'expérience, il faut faire campagne jusqu'au bout... Ce n'est jamais acquis", a réagi prudemment vendredi le Premier ministre Edouard Philippe, en campagne à Paris.

La déferlante potentielle de députés du camp de M. Macron viendrait confirmer la soif de renouvellement politique des Français.

La volonté du président de briser les lignes politiques traditionnelles l'a déjà conduit à former un gouvernement mêlant personnalités de droite, de gauche et de la société civile.

Le scrutin se tiendra une nouvelle fois sous haute protection policière, avec la mobilisation de 50.000 policiers et gendarmes, sur fond de menace terroriste élevée, alors que la France est confrontée depuis 2015 à une vague d'attentats jihadistes qui a fait 239 morts.

Eliminés dès le premier tour de la présidentielle, les partis traditionnels de gauche et de droite qui se partagent le pouvoir en France depuis 60 ans craignent d'être balayés par un raz-de-marée bleu ciel, la couleur du mouvement présidentiel.

- 'Exploit politique total' -

D'après plusieurs projections, il pourrait avoir à l'issue du second tour le 18 juin près de 400 députés, bien au-delà du seuil de 289 sièges requis pour obtenir la majorité absolue, même si les spécialistes appellent à la prudence en raison notamment d'un niveau d'abstention qui pourrait atteindre un record depuis 1958.

M. Macron et son mouvement suivent "une stratégie de domination hégémonique (...) je ne pense pas que ce soit sain pour le débat démocratique pour les cinq années à venir", a déploré vendredi François Baroin, le chef de file des Républicains pour les législatives.

Si Emmanuel Macron obtient la majorité absolue, "ce serait un exploit politique total. Cela signifierait, en tout cas pour quelque temps, la destruction des partis traditionnels", analysait Dominique Rousseau, professeur de droit constitutionnel.

Les Français de l'étranger, qui ont voté par anticipation le week-end dernier, ont plébiscité les candidats de La République en Marche, en mesure de l'emporter dans dix des onze circonscriptions en jeu. Leur vote a confirmé la dynamique en faveur d'Emmanuel Macron, mais aussi l'effondrement des sortants de gauche et de droite, qui n'ont recueilli pour la plupart que de très faibles scores.

Une situation inquiétante pour les quelque 350 députés qui se représentent dimanche, dont de nombreuses personnalités - anciens ministres, candidats à la présidentielle...-, qui risquent de faire les frais du "dégagisme" qui semble désormais séduire les Français. Ceux-ci ont éliminé les ténors des partis traditionnels et élu président un homme de 39 ans encore inconnu de tous il y a quelques années.

Dans tous les cas, le renouvellement de l'Assemblée est assuré avec près de 40% des députés sortants qui ne se représentent pas, l'entrée en vigueur de la loi sur le non-cumul des mandats et l'émergence d'une nouvelle génération de candidats.

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