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Une nouvelle galerie d’art consacrée aux artistes québécois vient d’ouvrir à Toronto

La galerie d'art Jutras est située dans le quartier de Yorkville, considéré comme l'un des quartiers chics de la métropole ontarienne.

Un texte de Kevin Sweet

« Je n’aurais pas pensé ouvrir une galerie à Montréal, mais à Toronto, avec tous les projets d'infrastructure à Yorkville, il y avait de la place pour moi, dit Josée Justras, la propriétaire. Les gens sont raffinés et ce sont des gens qui ont beaucoup d’argent et qui veulent donner une âme à leurs décors. »

Elle espère que l’emplacement de sa galerie va attirer des vedettes comme Justin Bieber et le rappeur torontois Drake, qu’elle cite en exemple.

Le rêve d'une vie

« J’avais le rêve d’être propriétaire d’une galerie d’art depuis 25 ans », dit Josée Jutras, qui, avant de s’embarquer dans cette aventure était, et demeure d’ailleurs, éditrice du magazine Prestige Design, une revue d’architecture et de l’art du design, qu’elle et son mari, Eric Bordeleau, ont lancée il y a 15 ans.

« On est tombé en amour avec Toronto, dit-elle, mais lorsqu’on a déménagé ici, je me suis retrouvée avec beaucoup de temps libre et c’est mon fils qui m’a encouragée à poursuivre mon rêve. »

Des trouvailles

Avant d’ouvrir sa galerie, Josée Jutras a tout de même fait le tour de la ville pour voir ce qui se vendait ailleurs. Il y a déjà deux autres galeries qui se spécialisent exclusivement dans la vente d’oeuvres d’artistes québécois, dont la galerie Beauchamp, et la galerie Thompson-Landry, ouverte depuis 10 ans.

Mais Josée Jutras ne voit pas ces autres galeries comme de la concurrence.

Je ne veux pas présenter des artistes québécois qui sont déjà dans des galeries ici à Toronto. Je suis allée chercher mes artistes fétiches. Mes coups de coeur.

Les visiteurs pourront donc découvrir à la galerie Jutras une dizaine d’artistes, dont Charles Carson, François Faucher, Diane Fontaine, Robert Ouellet et Sébastien « Rio » Riopel.

Les artistes québécois font de bonnes affaires

C’est connu : les artistes québécois ont la cote à Toronto. Par exemple, à la galerie Thompson-Landry, avant même le vernissage d’un artiste comme Yoakim Bélanger, la grande majorité des toiles ont déjà été vendues.

Cette réputation de Toronto, Josée Jutras en avait entendu parler à Montréal.

« Toronto est très bien vue. Tous les artistes qu’on a approchés rêvaient d’avoir une galerie à Toronto pour vendre leurs oeuvres. On dirait qu’ils sont tous rendus là dans leur carrière. Peut-être que le marché à Montréal s’essouffle un peu, donc pour eux, c’est une chance », dit Josée Jutras.

Diane Fontaine, une artiste de l’Outaouais qui vit de sa peinture depuis une douzaine d’années, abonde dans le même sens.

Toronto nous ouvre le marché international. Il y a beaucoup d’argent et d’amateurs d’art aussi. Il y a beaucoup de gens d’affaires qui collectionnent.

« Pour les artistes québécois, c’est une belle plateforme, dit-elle. Et notre art doit voyager partout dans le monde, on ne peut pas juste rester et vendre au Québec et espérer gagner notre vie. »

Ses oeuvres ont été vendues à New York, à Chicago, à Paris et en Allemagne.

Une affaire de famille

Josée Jutras n’est pas seule dans cette aventure.

Elle est appuyée par son mari et leurs deux enfants Élyse-Anne, qui a 15 ans et Félix-Antoine, qui a 21 ans. Ils s’occupent de tout l’aspect marketing sur les réseaux sociaux et aident leur mère en anglais.

« C’est un défi, mais mon fils et ma fille sont bilingues et vont pouvoir m’aider si jamais les conversations deviennent trop complexes », dit-elle.

Le bilan de sa première année l'aidera à décider de garder ou non sa galerie dans la Ville Reine. Le marché de l’immobilier à Toronto est surchauffé en ce moment et les loyers continuent de monter. Josée Jutras reconnaît qu’elle ne pourra peut-être pas rester dans le local qu’elle loue à 125 $ le pied carré à Yorkville indéfiniment.

« Sinon, on rebrousse chemin et on va faire autre chose », dit-elle.

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