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08/06/2017 01:15 EDT | Actualisé 08/06/2017 01:20 EDT

Philippines: les jihadistes soutenus par des politiciens locaux (armée)

Un ancien maire a été arrêté pour son soutien à des jihadistes qui ont pris le contrôle partiel d'une ville du sud des Philippines et d'autres politiciens locaux sont recherchés pour le même motif, ont annoncé jeudi les autorités.

Près de 200 personnes ont été tuées depuis que des combattants brandissant le drapeau noir du groupe Etat islamique (EI) ont commencé la mise à sac le 23 mai des quartiers de Marawi, la principale ville musulmane des Philippines catholiques.

Les autorités ont fait grand cas des centaines de jihadistes participant aux combats mais elles ont reconnu jeudi qu'ils étaient soutenus par certains membres de la classe politique locale ainsi que par des habitants.

"C'est une combinaison d'hommes politiques, de citoyens et de membres (du groupe des deux frères) Maute", considérés comme les meneurs, a déclaré le général Eduardo Ano, chef d'état-major, à la télévision ABS-CBN, à propos d'une liste d'environ 200 personnes recherchées pour complicité.

Le groupe Maute est l'une des principales organisations jihadistes de la région. L'armée estime que les frères Maute figurent parmi ceux qui sont toujours retranchés à Marawi, protégés par des boucliers humains.

L'ancien maire de Marawi Fahad Salic a été arrêté pour rébellion mercredi dans un autre endroit du sud de l'archipel, une arrestation présentée par l'armée comme significative.

"Avant même la crise de Marawi, des informations circulaient sur le fait que c'était un fervent partisan. Il a fourni logistique et financements durant les premières années de ce groupe Maute-EI", a déclaré à la presse le porte-parole régional de l'armée, le général Gilbert Gapay.

Le groupe Maute marche de concert avec Isnilon Hapilon, cible d'un raid initial des forces de sécurité qui a déclenché la crise actuelle. Hapilon est considéré par l'armée comme "l'émir" de l'EI, le chef aux Philippines du groupe jihadiste proche-oriental.

Les militaires se sont également félicités de la capture du père des frères Maute à Davao, ville d'origine du président Rodrigo Duterte à environ 190 kilomètres de Marawi.

"En tant que patriarche du clan Maute, M. Cayamora Maute est considéré comme l'un des cerveaux du groupe terroriste Maute-EI", a ajouté le général Gapay.

Maute père a été conduit à Manille, à plus de 800 kilomètres, pour éviter toute tentative de le faire évader.

Quelques heures après le début des combats, M. Duterte avait imposé la loi martiale à toute la région de Mindanao, où vivent 20 millions d'habitants, dans une tentative pour écraser la menace représentée par l'EI.

Mindanao est depuis des décennies en proie à une rébellion séparatiste musulmane, qui a fait plus de 120.000 morts et condamné de nombreux habitants à vivre sous le joug de seigneurs de guerre corrompus.

Les principaux mouvements rebelles musulmans négocient eux la paix avec le gouvernement.

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