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08/06/2017 11:37 EDT | Actualisé 08/06/2017 11:40 EDT

Merkel salue le nouveau cap économique de l'Argentine

La chancelière allemande Angela Merkel a salué le nouveau cap économique pris par l'Argentine, jeudi à Buenos Aires en entamant une visite de trois jours en Amérique latine qui la conduira également au Mexique.

"Cette visite, ma première en Argentine en tant que chancelière, intervient alors que le président Mauricio Macri a rouvert son pays aux marchés financiers après une longue période de fermeture et d'interdiction",-t-elle déclaré. "L'Argentine a une politique d'ouverture. On a pu le voir dans sa volonté de prendre la présidence du G20".

La dernière visite en Argentine d'un chancelier allemand remonte à 2002, au lendemain de la crise économique de 2001. Mauricio Macri, de centre-droit, au pouvoir depuis fin 2015, a succédé à Cristina Kirchner, qui avait dirigé la troisième économie d'Amérique latine de 2007 à 2015 et mené une politique économique en rupture avec les grandes puissances mondiales.

L'Argentine sort d'une année de récession (2016), la croissance repart timidement, sans impact pour l'instant sur le pouvoir d'achat des Argentins qui a dégringolé depuis deux ans, notamment du fait d'une inflation que le gouvernement peine à juguler.

Les exportations de l'Allemagne, quatrième partenaire commercial de l'Argentine (4,3 milliards de dollars d'échanges commerciaux), ont baissé de 25% durant les quatre premiers mois de 2017. L'Argentine n'est que le 52e fournisseur de la première puissance européenne.

"En plus de nos échanges politiques, nous croyons également pouvoir accompagner le développement économique (de l'Argentine)," a souligné Mme Merkel. "C'est pourquoi ma délégation est aussi une délégation d'entrepreneurs. L'Argentine a besoin d'infrastructures. L'Argentine va devoir se moderniser et l'Allemagne peut être un bon partenaire".

Geste fort dans un pays où s'étaient réfugiés des nazis après le Seconde guerre mondiale avec la bénédiction du général Juan Domingo Peron, Angela Merkel s'est rendue dans une synagogue. Elle a inauguré un orgue de fabrication allemande récemment restauré. "Cette synagogue, a-t-elle dit, est donc un pont entre l'Argentine et l'Allemagne".

Plutôt que d'évoquer l'immigration nazie et des pays de l'Axe vers l'Argentine à partir de 1945, Mme Merkel a mis en avant que de nombreux juifs allemands fuyant la nazisme avaient trouvé refuge en Argentine, particulièrement à la fin des années 1930.

Une importante communauté allemande réside en Argentine. Ils s'y sont notamment installés à la fin de XIXe siècle et au début du XXe siècle.

Notre passé, a-t-elle ajouté, "nous pousse à combattre l'antisémitisme partout où il se manifeste et à protéger, pour la démocratie, l'Etat de droit et la liberté".

Jeudi après-midi, elle a ensuite rendu hommage aux victimes de la dictature militaire (1976-1983) au Parc de la Mémoire, étape incontournable pour les chefs d'Etat et de gouvernement en visite en Argentine.

Lors d'une conférence de presse, la chancelière s'est réjouie de la relance des négociations sur un accord de libre-échange entre l'Union européenne (UE) et le Mercosur, le marché commun sud-américain qui rassemble le Brésil, l'Argentine, le Paraguay et l'Uruguay.

Le volet agricole freine depuis 20 ans tout accord et Angela Merkel a averti que "l'Allemagne serait ferme dans la négociation, et n'allait pas se plier à tous les désirs de l'Argentine".

"L'Allemagne n'est pas toujours un partenaire facile. (...) Nous défendons nos intérêts et nous avons une agriculture qui porte un regard sceptique (sur l'accord), mais quand il y a une volonté de parvenir à un accord, il faut accepter des concessions", a plaidé la chancelière.

"Comme d'autres pays, l'Allemagne cherche des alliés stratégiques", a-elle dit.

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