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08/06/2017 12:30 EDT | Actualisé 08/06/2017 12:40 EDT

Mauritanie: report de trois semaines du référendum constitutionnel (officiel)

Le référendum sur le projet de révision constitutionnelle en Mauritanie, prévu le 15 juillet, a été reporté de trois semaines, au 5 août, a annoncé jeudi le ministre de l'Intérieur Ahmedou Ould Abdallah, lors d'un point de presse.

La décision en mars du président Mohamed Ould Abdel Aziz de passer outre le rejet du projet par la voie parlementaire en le soumettant à référendum a provoqué la controverse dans le pays.

En avril, le gouvernement avait annoncé que cette consultation se tiendrait le 15 juillet.

"Le Conseil des ministres a décidé de reporter au 5 août le référendum sur les amendements constitutionnels à la demande de la Céni" (Commission électorale nationale indépendante), a déclaré M. Ould Abdallah au sortir d'une réunion du gouvernement.

La Céni avait écrit la semaine dernière au gouvernement pour demander ce report en raison notamment de "la conjoncture difficile" que traverse le pays, a affirmé à l'AFP une source au sein de cette instance.

La Céni avait invoqué "la forte canicule qui frappe le pays en cette période, la très difficile période de soudure en cours, la transhumance qui occupe les populations de l'intérieur du pays", selon la même source.

Elle a également argué de la nécessité d'achever un recensement électoral entamé le 18 mai et qui "se prolongera jusqu'au 27 juin", a-t-on ajouté.

Malgré un vote favorable de l'Assemblée nationale, le texte, qui prévoit la suppression du Sénat, a échoué en mars face à l'opposition des sénateurs, pourtant majoritairement favorables au pouvoir.

L'opposition, qui n'a pas encore arrêté sa position sur sa participation ou non au vote a appelé en mai ses sympathisants à s'inscrire en masse pour "influer sur le taux de participation en cas de boycott et aller vers un non massif en cas de participation".

Elle considère ce référendum comme "contraire à la Constitution", car les articles de la loi fondamentale régissant le processus de révision constitutionnelle exigent l'approbation du Parlement.

Les partisans du projet font valoir que l'article 38 de la Constitution, invoqué par M. Ould Abdel Aziz, autorisant le chef de l'Etat, "sur toute question d'importance nationale, à saisir le peuple par voie de référendum", doit l'emporter sur ces dispositions.

Outre la suppression du Sénat, qui serait remplacé par des Conseils régionaux élus, le projet prévoit celle de la Haute cour de justice, du médiateur de la République et du Haut conseil islamique.

Il propose également d'ajouter deux bandes rouges, symbolisant le sang versé par les "martyrs de la résistance", au croissant et à l'étoile jaunes sur fond vert figurant déjà sur le drapeau national.

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