NOUVELLES
08/06/2017 08:16 EDT | Actualisé 08/06/2017 08:20 EDT

Le Qatar rejette toute intervention dans sa politique étrangère (ministre à l'AFP)

Le Qatar, qu'une grave crise oppose à l'Arabie saoudite et ses alliés, rejette toute intervention dans sa politique étrangère, a déclaré jeudi son ministre des Affaires étrangères en excluant cependant l'option militaire.

"Personne n'a le droit d'intervenir dans notre politique étrangère", a dit à l'AFP cheikh Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani.

Le ministre a exclu que la crise prenne une dimension militaire.

"Une solution militaire n'est pas une option", a-t-il dit, affirmant qu'aucun mouvement de troupes n'avait été opéré vers la frontière avec l'Arabie saoudite.

Il a assuré que le Qatar pouvait tenir "éternellement" malgré le blocus qui lui est imposé.

Lundi, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Bahreïn, trois pays du Golfe voisins du Qatar, ont rompu leurs relations diplomatiques avec Doha et fermé leurs frontières aériennes, maritimes et terrestres avec le petit émirat gazier. L'Egypte a également rompu ses relations diplomatiques ainsi que les liaisons aériennes avec le Qatar.

Le royaume saoudien et les Emirats arabes unis veulent un "changement de politique" au Qatar, a réclamé mercredi le ministre d'État émirati aux Affaires étrangères, Anwar Gargash, en posant une série de conditions.

- 'Punition collective' -

Il a notamment exigé l'arrêt de ce qu'il qualifie de propagande "extrémiste" de la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera et des mesures contre des représentants de la confrérie des Frères musulmans et d'autres islamistes comme les talibans afghans ayant trouvé refuge à Doha.

Le ministre qatari a qualifié les tentatives d'isoler Doha de "punition collective" et déploré une "campagne systématique" contre son pays qui selon lui a travaillé aux côtés des Etats-Unis dans la lutte contre l'extrémisme.

L'existence "d'une représentation des talibans s'est faite en coordination avec les Américains", a encore dit le responsable qatari à l'AFP, en référence au bureau dont disposent les talibans afghans dans l'émirat. "Il sont accueillis ici (...) pour les pourparlers de paix" en Afghanistan.

Depuis le début de la crise, le Qatar a rejeté en bloc toutes les accusations, affirmant que l'élément déclencheur de la tourmente a été le "piratage" du site web de son agence de presse attribuant à son émir de "fausses" déclarations apaisantes sur l'Iran et les Frères musulmans.

Jeudi, après les Emirats arabes unis, Bahreïn a interdit aux médias et aux utilisateurs des réseaux sociaux d'exprimer une quelconque "sympathie pour le Qatar" sous peine d'encourir une peine de prison.

dh/tm/ras/ny/nbz/feb