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08/06/2017 06:05 EDT | Actualisé 08/06/2017 06:20 EDT

L'immigration au coeur de la visite du chef de la diplomatie allemande en Libye

Le ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel a effectué jeudi une courte visite à Tripoli au cours de laquelle il a évoqué avec les responsables libyens l'instabilité dans le pays et la lutte contre l'immigration clandestine.

"Le premier pas vers (une solution à la crise) est l'appui au dialogue politique et la participation de toutes les parties" rivales, a indiqué le ministre allemand, dont les propos ont été traduits en arabe, lors d'une conférence de presse avec son homologue libyen Mohamad al-Taher Siala.

"Dès lors qu'il y a un consensus (...) la logique de la violence est brisée", a dit M. Gabriel. "C'est le seul moyen de protéger les civils".

Le ministre allemand a eu des discussions "constructives" avec le chef du gouvernement d'union nationale (GNA) Fayez al-Sarraj, portant notamment sur le soutien de l'Allemagne au processus politique en Libye, ainsi que sur la lutte contre le terrorisme et l'immigration clandestine, a indiqué M. al-Taher Siala.

Six ans après la révolte ayant mis fin à la dictature de Mouammar Kadhafi, la Libye reste engluée dans une interminable crise de transition, victime d'une insécurité persistante, d'une économie en lambeaux et de rivalités politiques incessantes.

Pour lutter contre l'instabilité, "résultat de l'absence de structures (étatiques) consolidées", le ministre allemand a souligné l'importance que les partenaires européens parlent "d'une seule voix à la Libye".

De plus, des passeurs profitent du chaos qui règne en Libye depuis 2011 pour envoyer chaque année de ses côtes des dizaines de milliers de migrants à destination de l'Italie. En 2016, 181.000 migrants étaient parvenus en Europe via les côtes italiennes, selon les autorités de ce pays, et 90% d'entre eux provenaient de Libye.

M. Gabriel a estimé qu'il n'est plus possible de "détourner le regard lorsqu'il s'agit de migration et des destins humains qui y sont rattachés. L'UE a déclaré la guerre au trafic des êtres humains".

Mais pour son homologue libyen, "on ne peut pas lutter contre l'immigration clandestine en se contentant (d'opérations) en mer. Il faut lutter contre l'immigration d'abord sur les frontières sud de la Libye qui s'étendent sur 4.000 km".

Quant aux migrants qui se trouvent en Libye, il est "urgent" d'oeuvrer à "améliorer les conditions de vie indignes dans les centres de détention", a insisté le ministre allemand.

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