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07/06/2017 10:59 EDT | Actualisé 07/06/2017 11:20 EDT

Venezuela : l'opposition défile à nouveau, l'armée reconnaît des abus

Plusieurs milliers de personnes ont à nouveau manifesté mercredi au Venezuela pour exiger le départ du président Nicolas Maduro, tandis que le chef des armées a appelé ses troupes à cesser les "atrocités" dans cette vague de manifestations qui a fait 65 morts depuis début avril.

Les opposants au chef de l'Etat ont tenté de rejoindre le siège des autorités électorales (CNE), dans le centre de Caracas mais, comme à chacune de leurs tentatives d'entrer dans le coeur de la capitale, ils ont été repoussés par les gaz lacrymogènes des forces de l'ordre.

Les adversaires de M. Maduro le rendent responsable de l'effondrement économique du pays et l'accusent de vouloir confisquer le pouvoir, notamment avec son projet controversé de réforme de la Constitution. Ils dénoncent aussi une répression "sauvage" de la police et de l'armée lors des manifestations.

Reconnaissant pour la première fois des abus commis par les militaires, le ministre de la Défense Vladimir Padrino Lopez a lancé mardi soir : "Je ne veux pas voir un garde national de plus en train de commettre des atrocités dans la rue".

Il réagissait ainsi à la polémique générée par la diffusion lundi de vidéos sur les réseaux sociaux montrant policiers et militaires en train d'agresser et de voler les effets personnels de plusieurs manifestants appréhendés lors des défilés.

"Celui qui ne respecte pas la ligne de l'Etat, l'importance suprême des droits de l'homme, (...) et qui ne se comporte pas en professionnel devra en assumer les responsabilités", a affirmé M. Padrino Lopez. Le ministre avait apporté il y a quelques semaines le soutien "inconditionnel" à M. Maduro de l'armée, acteur incontournable dans le pays.

"Nous appelons M. Padrino Lopez à respecter sa parole et qu'il laisse la manifestation se dérouler en paix", a rétorqué mercredi Julio Borges, président du Parlement, unique institution contrôlée par l'opposition.

"Les paroles ne suffisent pas, M. Padrino Lopez", a renchéri la députée Delsa Solorzano, exhortant le ministre à "mettre en prison les gardes nationaux commettant des abus".

Les manifestations pour exiger des élections anticipées ont fait depuis le 1er avril 65 morts, un millier de blessés et des centaines de personnes ont été arrêtées, selon le parquet. La procureure générale Luisa Ortega a elle aussi dénoncé des abus de l'armée.

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