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07/06/2017 06:25 EDT | Actualisé 07/06/2017 06:40 EDT

Turkménistan: le président veut mettre fin à l'eau et l'électricité gratuites

Le président turkmène Gourbangouly Berdymoukhamedov a proposé de mettre fin à la gratuité de l'approvisionnement en eau et électricité dont les citoyens de ce pays d'Asie centrale bénéficiaient depuis 1993, a rapporté mercredi le journal d'Etat Netralny Turkmenistan.

"Il est évident que le système d'avantages sociaux est devenu actuellement tout à fait inefficace", a déclaré M. Berdymoukhamedov, cité par le journal, lors d'une réunion du gouvernement.

Introduit en 1993 par son fantasque prédécesseur, Saparmourat Niazov, ce système prévoit que chaque citoyen turkmène a le droit de bénéficier gratuitement de l'eau, du gaz et de l'électricité. Initialement prévue pour 10 ans, cette mesure a ensuite été prolongée jusqu'à 2030.

Ces avantages sont cependant limités pour chaque personne à 35 kilowatts d'électricité et 50 mètres cubes de gaz par mois, et à 250 litres d'eau par jour.

Gourbangouly Berdymoukhamedov, 59 ans, a ordonné à son vice-Premier ministre chargé de l'économie d'"élaborer prochainement des propositions sur la suppression de tous les avantages sociaux", selon Netralny Turkmenistan.

Le président a toutefois précisé qu'ils resteraient en vigueur pour ceux "qui ont vraiment besoin de l'assistance sociale".

"J'espère que la suppression des avantages sociaux n'affectera pas les retraités", a déclaré à l'AFP Selbi Orazova, une retraitée de 59 ans, dont la pension mensuelle n'est que de 350 manats (environ 100 dollars).

"Le président a dit qu'il fallait les garder pour ceux qui ont besoin d'aide. Et moi, j'en ai besoin", souligne-t-elle.

Pour sa part, Aganazar Soïounov, fonctionnaire de 46 ans, a salué la décision de M. Berdymoukhamedov. "C'est injuste que les riches et les pauvres aient les mêmes avantages sociaux (...). C'est correct de les supprimer", a-t-il assuré, tout en soutenant le maintien de ces avantages pour les personnes défavorisées.

Selon les statistiques officielles, le minimum vital dans le pays est de 650 manats, alors que la retraite minimale est fixée à 250 manats.

Au pouvoir depuis 2006, M. Berdymoukhamedov a été réélu en février avec près de 98% des voix et 97% de participation dans ce pays qui est l'un des plus fermés au monde et où l'accès à Internet et à des médias indépendants est sévèrement contrôlé.

Le Turkménistan, dont les sous-sols renferment de gigantesques réserves d'hydrocarbures, notamment de gaz naturel, exporte actuellement surtout vers la Chine.

La chute des prix du gaz et du pétrole ces deux dernières années s'est répercutée lourdement sur l'économie de cette de cette ex-république soviétique d'Asie centrale où les hydrocarbures représentent plus de 90% des exportations.

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