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07/06/2017 16:02 EDT | Actualisé 07/06/2017 19:00 EDT

Trump aurait dit à Comey que l'enquête sur la Russie nuisait à sa présidence

WASHINGTON — L'ex-directeur de la police fédérale américaine (FBI), James Comey, témoignera sous serment jeudi que Donald Trump lui a demandé de «dégager (ce) nuage» portant ombrage à sa présidence en déclarant publiquement que M. Trump n'est pas visé personnellement dans les enquêtes sur les possibles liens de son équipe de campagne avec des responsables russes.

Cette remarque du président américain aurait été formulée dans un entretien téléphonique le 30 mars, selon un document contenant les remarques que M. Comey entend faire, jeudi, devant le comité de renseignement du Sénat.

Le document en question a été dévoilé mercredi après-midi. M. Trump aurait dit qu'il «n'avait rien à voir avec la Russie» et qu'il «n'avait pas (interagi) avec des prostituées en Russie».

M. Comey, toujours selon le document de préparation de son témoignage très attendu, aurait assuré au président que le FBI enquêtait aussi rapidement que possible sur les liens allégués entre des responsables russes et l'équipe de campagne de Donald Trump.

M. Trump a congédié M. Comey le mois dernier.

Par ailleurs, le directeur limogé confirme dans le document rendu public qu'il a avisé M. Trump, au début de janvier, qu'il n'était pas personnellement visé par l'enquête du FBI.

M. Trump était alors président désigné. M. Comey précise en outre que la décision de révéler cette information à M. Trump avait été prise après consultation de hauts responsables du FBI.

L'ex-directeur de la police fédérale affirme avoir pris des notes sur sa rencontre avec M. Trump sur un ordinateur portable, dans un véhicule du FBI qui était posté à l'extérieur de la tour Trump, à New York.

M. Comey relève en outre que Donald Trump lui a dit qu'il avait «besoin de loyauté» et qu'il s'attendait à une telle loyauté. Le président américain aurait tenu ces propos au cours d'un souper qui a eu lieu en janvier.

Durant le repas, le président américain aurait demandé à l'ex-dirigeant du FBI s'il voulait demeurer en poste.

Le principal intéressé aurait ensuite répondu qu'il souhaitait terminer son mandat de dix ans et qu'il ne penchait pas «du côté de quiconque politiquement».

C'est après que M. Trump aurait formulé son commentaire au sujet de la loyauté, toujours selon le document dévoilé mercredi.

M. Comey confirme par ailleurs que le président Trump lui a demandé de reculer quant aux investigations entourant l'ancien conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn lors d'un échange en février.

Le président aurait fait valoir que M. Flynn est un homme bon qui a traversé bien des choses.

«J'espère que vous pouvez laisser ça aller», aurait ajouté M. Trump.

L'avocat du président américain, Mark Kasowitz, a dit que ce dernier était encouragé par les révélations faites mercredi.

«Le président est ravi que M. Comey ait finalement confirmé publiquement les informations (dites en privé) selon lesquelles le président n'est pas visé par les investigations en lien avec l'enquête sur la Russie», a-t-il soutenu dans un communiqué.

«Le président se sent complètement et totalement conforté. Il est impatient de continuer à aller de l'avant avec son ordre du jour», a poursuivi l'avocat.

S'il avait assuré en privé à M. Trump qu'il n'était pas personnellement visé par l'enquête sur l'ingérence présumée de la Russie, M. Comey refusait de faire une déclaration publique à ce sujet.