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07/06/2017 14:52 EDT | Actualisé 08/06/2017 05:04 EDT

Procès de Bill Cosby: Andrea Constand maintient sa version des faits

NORRISTOWN, Pa. — La femme qui accuse Bill Cosby de l'avoir droguée et agressée sexuellement il y a plus de dix ans a maintenu sa version des faits, mercredi, traversant des heures d'un contre-interrogatoire parfois fastidieux qui n'a pas entraîné les faux pas que l'accusé espérait peut-être.

Calme et posée, Andrea Constand, 44 ans, originaire de Toronto, a écarté les affirmations suggérant que Bill Cosby et elle avaient eu une relation romantique avant le rendez-vous de 2004 qui se trouve au coeur de la poursuite, survenu dans la résidence de l'acteur américain, en banlieue de Philadelphie.

Quant aux nombreux appels téléphoniques entre la présumée victime et l'accusé après cette soirée de 2004, Mme Constand a soutenu qu'elle avait simplement donné suite aux messages de Bill Cosby concernant le programme de basketball de l'Université Temple.

Elle a expliqué que Bill Cosby était un membre influent du conseil d'administration alors qu'elle était directrice des opérations de l'équipe.

La veille, Mme Constand avait affirmé que son présumé agresseur l'avait agressée sexuellement après lui avoir donné trois pilules bleues qui l'ont paralysée et laissée vulnérable.

Bill Cosby, âgé de 79 ans, est accusé d'avoir drogué et agressé Mme Constand à son manoir en banlieue de Philadelphie. La vedette de télévision qui a incarné le célèbre père de famille dans la série «The Cosby Show» est passible d'une peine d'emprisonnement de 10 ans.

L'avocate représentant l'accusé, Angela Agrusa, a suggéré, mercredi, que Mme Constand avait participé à un souper romantique à la résidence de Bill Cosby avant que l'agression alléguée ne survienne.

«Vous étiez assise près du feu. La pièce était sombre. Il y a avait une ambiance agréable...», a dit l'avocate en paraphrasant une déclaration de Mme Constand faite à la police en 2005.

«Je ne sais pas ce que cela signifie», a répondu la présumée victime.

Mme Agrusa a fait valoir que les avances faites par l'humoriste à deux reprises avaient permis à Mme Constand de savoir que l'acteur avait un intérêt de nature romantique à son égard.

M. Constand a de son côté soutenu avoir dit à Bill Cosby qu'elle n'était pas intéressée.

La présumée victime a en outre relaté qu'elle avait eu l'intention de confronter son agresseur allégué lors d'un événement qu'il organisait chez lui pour des élèves du secondaire. À cette occasion, Mme Constand lui apportait un cadeau de la part d'une connaissance commune.

«Vous alliez confronter l'homme qui, selon ce que vous dites, vous a agressée, et vous lui apportiez des sels de bain?», a lancé l'avocate de la défense, tentant de souligner une apparente contradiction.

L'avocate a en outre passé en revue les registres téléphoniques de Mme Constand et ses déclarations à la police, espérant pouvoir démontrer que la victime alléguée avait changé sa version des faits entourant la date de son agression présumée. Mme Agrusa a aussi tenté de faire valoir que Mme Constand avait dressé un portrait incomplet de l'amitié qu'elle entretenait avec la vedette de la télévision.

«J'ai été confuse», a rétorqué la témoin, soutenant avoir d'abord cru que son agression était survenue après un souper de groupe en mars.

Les avocats de l'humoriste américain arguent que les rapports sexuels entre Mme Constand et lui étaient consensuels.

Quelque 60 femmes ont allégué publiquement avoir été agressées par M. Cosby, mais dans presque tous les cas, le délai de prescription était dépassé. Seule Andrea Constand a formellement accusé le comédien.