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07/06/2017 07:42 EDT | Actualisé 07/06/2017 08:00 EDT

Les polices des pays du Sud de l'UE parlent sécurité à Lampedusa

Les chefs des polices de huit pays du Sud de l'Union européenne se sont réunis mercredi sur l'île italienne de Lampedusa pour organiser une meilleure coopération dans la lutte contre le terrorisme, l'immigration clandestine et les trafics.

A l'invitation de Rome, les responsables des polices de ces pays - Italie, France, Espagne, Portugal, Croatie, Slovénie, Grèce et Chypre - se sont engagés à "la plus grande coopération", selon le chef de la police italienne, Franco Gabrielli.

"Nous avons souligné avant tout la méthode. Pour ceux qui comme nous sont habitués à traiter ces dossiers, à échanger au niveau international, la méthode est un aspect fondamental", a expliqué M. Gabrielli, précisant que Rome organiserait dans les prochains mois d'autres réunions sur des questions précises.

Les discussions de cette première rencontre ont porté sur la lutte contre le terrorisme, en particulier la surveillance et la réintégration des combattants revenus de Syrie ou de ceux y ayant aspiré, comme Youssef Zaghba, l'Italo-Marocain qui a participé samedi à l'attentat de Londres.

M. Gabrielli a cependant prévenu que le "flux torrentiel d'information" circulant actuellement entre les pays européens sur les personnes à risque ne pouvait pas être une garantie absolue.

"Il est difficile d'apprécier la dangerosité des personnes (...), de prédire le développement d'un parcours de radicalisation", a-t-il insisté, en relevant "l'écart énorme" entre les milliers de signalements et la poignée de personnes passant réellement à l'acte.

Les responsables policiers ont aussi évoqué "la menace constante et en croissance continue" de la criminalité organisée dans l'UE, et parlé des défis migratoires auxquels tous ces pays sont confrontés, à des degrés divers.

Terrorisme, migrations et criminalité organisée sont intimement liés, du fait de la porosité entre les réseaux impliqués, ont rappelé des participants, relevant une volonté commune d'aborder ces problèmes à travers des points concrets et techniques, en particulier avec le développement d'équipes communes d'enquête.

En marge des discussions, les chefs de police se sont aussi rendus devant la Porte de l'Europe, monument érigé au victimes de la Méditerranée sur l'île italienne la plus proche des côtes libyennes, alors que plus de 72.000 migrants sont encore arrivés depuis le début de l'année sur les côtes du sud de l'Europe.

Mais maintenant que les secours ont lieu plus près des côtes libyennes, Lampedusa n'est plus autant en première ligne, a expliqué sa maire Giusi Nicolini. Le centre d'accueil longtemps surpeuplé n'accueillait mercredi que 200 personnes, et l'île voit surtout débarquer les personnes ayant besoin de soins trop urgents pour attendre l'arrivée en Sicile.

fcc/cm/mct