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07/06/2017 12:37 EDT | Actualisé 07/06/2017 12:40 EDT

Le communiqué explosif de James Comey, ex-chef du FBI limogé par Trump

James Comey, ancien directeur du FBI, a confirmé dans une déclaration écrite que Donald Trump lui avait demandé d'abandonner l'enquête sur Michael Flynn, son ex-conseiller suspecté d'être mêlé aux ingérences russes dans la présidentielle 2016.

Voici les principaux points de ce document de sept pages:

- Trump Tower, 6 janvier -

"A la fin de ce briefing, je suis resté seul avec le président élu pour l'informer d'aspects personnels sensibles rassemblés (au cours de l'enquête sur les efforts russes présumés d'ingérence dans l'élection, ndlr). (...) Les dirigeants du renseignement estimaient qu'il était important, pour diverses raisons, d'alerter le président élu sur l'existence de ces informations, bien qu'elles soient salaces et non vérifiées. (...)

Je me suis senti obligé de rapporter par écrit dans une note ma première conversation avec le président élu. (...) A partir de là, j'ai pris l'habitude de garder des traces écrites de mes conversations en personne avec M. Trump. Je n'avais jamais agi ainsi auparavant. J'ai parlé avec le président Obama deux fois en personne (et jamais au téléphone) - une fois en 2015 pour évoquer des problèmes des politiques de maintien de l'ordre et, une seconde fois, brièvement, pour lui dire au revoir fin 2016. (...) Je peux me rappeler neuf conversations en direct avec le président Trump en quatre mois - trois en tête-à-tête et six au téléphone".

- Dîner à la Maison Blanche, 27 janvier -

"Mon instinct m'a dit (...) que le dîner était, au moins en partie, une tentative de me pousser à demander de pouvoir garder mon poste et créer une sorte de relation de parrainage. Cela m'a beaucoup inquiété, étant donné le rôle du FBI comme service d'investigations indépendant. (...)

Un peu plus tard, le président a dit +J'ai besoin de loyauté, je m'attends à de la loyauté+. Je n'ai pas bougé, parlé ou changé l'expression de mon visage du tout pendant le silence gênant qui a suivi. Nous nous sommes simplement regardé en silence. (...)

J'ai répondu +vous aurez toujours de l'honnêteté de ma part+. Il a fait une pause puis dit +C'est ce que je veux, de la loyauté honnête+. J'ai fait une pause et dit: +cela, vous l'aurez+. (...)

- Bureau ovale, 14 février -

"Flynn avait démissionné la veille. Le président a commencé par dire que Flynn n'avait rien fait de mal en parlant avec les Russes, mais qu'il avait dû s'en séparer parce qu'il avait trompé le vice-président. Il a ajouté qu'il avait d'autres inquiétudes concernant Flynn, qu'il n'a pas explicitées à ce moment. (...) Et puis il a dit +J'espère que vous pourrez trouver une façon d'abandonner cela, de lâcher Flynn. C'est un homme bien+. J'ai juste répondu +C'est un homme bien+ (...) Je n'ai pas dit que +j'abandonnerai+. (...)

J'ai compris que le président nous demandait d'abandonner toute enquête sur Flynn en rapport avec les fausses déclarations sur ses conversations avec l'ambassadeur russe en décembre. Je n'ai pas interprété que le président parlait de l'enquête plus large sur la Russie ou de possibles liens avec sa campagne. (...)

Peu après, j'ai parlé avec le ministre de la Justice Sessions en personne (...). J'ai profité de l'occasion pour implorer le ministre de la Justice d'empêcher toute future communication directe entre le président et moi. (...) Il n'a pas répondu".

- Trump appelle Comey, 30 mars -

"Il a décrit l'enquête sur la Russie comme +un nuage+ qui l'empêchait d'agir pour le pays. Il a dit qu'il n'avait rien à voir avec la Russie, n'avait rien eu à voir avec des prostituées en Russie et avait toujours présumé qu'il était enregistré quand il se trouvait en Russie.

"Le président a ajouté que si certains de ses proches +satellites+ avaient fait quelque chose de mal, ce serait bien de le découvrir, mais qu'il n'avait rien fait de mal et qu'il espérait que je trouve une façon de dire que nous n'enquêtions pas sur lui."

- Nouvel appel, 11 avril -

"Le président m'a appelé et demandé ce que j'avais fait à propos de sa demande de +faire savoir+ qu'il ne faisait pas personnellement l'objet d'une enquête. (...) Il a dit qu'il (contacterait le ministre intérim adjoint de la Justice, ndlr) et ajouté +parce que j'ai été très loyal envers vous, très loyal. Nous avions cette chose, vous savez+. Je n'ai pas répondu ni demandé ce qu'il voulait dire par +cette chose+. (...)

C'est la dernière fois que j'ai parlé au président Trump".

elc/vog