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07/06/2017 01:12 EDT | Actualisé 07/06/2017 01:20 EDT

Chaussures Ivanka: les militants arrêtés en Chine risquent la prison

Les trois militants arrêtés en Chine alors qu'ils enquêtaient sur les conditions de travail dans des usines produisant des chaussures pour la ligne Ivanka Trump risquent jusqu'à deux ans de prison, a affirmé mercredi Amnesty International.

Washington a demandé la libération des trois hommes interpellés le mois dernier alors qu'ils enquêtaient secrètement dans des usines du groupe Huajian, un des fournisseurs chinois de la marque qui porte le nom de la fille du président des Etats-Unis.

La police chinoise a confirmé mardi que les militants - Hua Haifeng, Su Heng et Li Zhao - étaient poursuivis pour utilisation de matériel d'enregistrement et d'espionnage dissimulé dans des montres, dans le but de découvrir des secrets industriels.

Les autorités ont 37 jours pour les mettre formellement en examen. S'ils sont reconnus coupables, ils sont passibles de deux ans de prison, a indiqué à l'AFP Nicholas Bequelin, responsable d'Amnesty international pour l'Extrême-Orient.

Leur placement en détention vise avant tout à les empêcher de faire "des révélations embarrassantes" sur le compte du fournisseur de chaussures lié à Ivanka Trump, a-t-il estimé.

"Nous appelons la Chine à les libérer immédiatement ou au moins à leur offrir les protections juridiques auxquelles ils ont droit en vue d'un procès équitable", a déclaré mardi à Washington la porte-parole du département d'Etat, Heather Nauert.

Une requête rejetée par Pékin: "aucun pays n'a le droit d'empiéter sur l'indépendance judiciaire et souveraine de la Chine", a déclaré la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying.

La nouvelle de l'interpellation des trois militants avait été donnée la semaine dernière par l'association pour laquelle ils enquêtaient, China Labor Watch (CLW), une organisation basée aux Etats-Unis.

Selon CLW, les trois hommes avaient découvert que deux usines de Huajian obligeaient leurs employés à faire des heures supplémentaires et les payaient à des salaires inférieurs au minimum légal. De faux bulletins de salaires plus élevés que leur véritable rémunération leur étaient ensuite remis.

La marque d'Ivanka Trump ne produit pas directement en Chine mais a confié une partie de sa production à des entreprises qui font fabriquer dans ce pays des vêtements, des chaussures ou des sacs à main.

En octobre, un porte-parole de Huajian avait confié à l'AFP que le groupe avait produit environ 100.000 paires de chaussures marquées Ivanka Trump au cours des dernières années.

Donald Trump a dénoncé pendant sa campagne les entreprises qui délocalisent en Chine et accusé ce pays d'avoir "volé" des millions d'emplois aux Etats-Unis.

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