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07/06/2017 04:57 EDT | Actualisé 07/06/2017 05:20 EDT

Cameroun: les leaders de la contestation anglophone restent en prison

Le tribunal militaire de Yaoundé a décidé mercredi du maintien en prison des leaders de la contestation anglophone poursuivis pour "terrorisme" au Cameroun, fixant la reprise du procès au 29 juin, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le tribunal a ordonné le maintien en détention de Félix Agbor Nkongho, avocat, Neba Fontem Aforteka'a, enseignant, et Mancho Bibixy, dit "BBC", animateur de radio.

La demande de libération de 24 autres militants anglophones, jugés en même temps que ces trois leaders, a également été rejetée. Les 27 accusés sont poursuivis pour notamment "actes de terrorisme" et "complicité d'actes de terrorisme".

La juge a qualifié de "non fondées" leurs demandes de mise en liberté. Elle a fixé la reprise du procès au 29 juin, avec audition des premiers témoins de l'accusation.

"Tous les avocats sont déçus d'autant plus que le ministère public n'était pas contre" une mesure de placement sous surveillance judiciaire (mise en liberté provisoire sous certaines conditions, ndlr) de deux des trois leaders", a réagi auprès de l'AFP Bernard Muna, chef de file des avocats de la défense.

Le 24 mai, le commissaire du gouvernement avait ainsi indiqué qu'il n'était pas défavorable au placement sous surveillance judiciaire de Félix Agbor Nkongho et de Neba Fontem Aforteka'a.

Félix Agbor Nkongho et Neba Fontem Aforteka'a sont les principaux responsables du Cameroon Anglophone Civil Society consortium (Cacsc), interdit en janvier par les autorités après un appel à la grève dans les zones anglophones du pays.

Depuis novembre 2016, la minorité anglophone - environ 20% de la population camerounaise estimée à 22 millions - proteste contre ce qu'elle appelle sa marginalisation. La grève des avocats, suivie de celle des enseignants des régions anglophones, a dégénéré en crise socio-politique dans les deux régions anglophones du Sud-Ouest et du Nord-Ouest.

Certains anglophones exigent le retour au fédéralisme alors que d'autres réclament la partition du pays. Si les cours ont repris par endroits après avoir été suspendus, les tribunaux restent paralysés.

Rejetant ces revendications, le gouvernement du président Paul Biya a fortement réprimé la contestation qui touche les deux régions anglophones (sur les dix du pays).

rek/st/lp