DIVERTISSEMENT
06/06/2017 07:11 EDT | Actualisé 06/06/2017 07:12 EDT

Julien Clerc a toujours notre préférence

Bertrand Rindoff Petroff via Getty Images
PARIS, FRANCE - JANUARY 30: Singer Julien Clerc performs during the Charity Gala against Alzheimer's disease at Salle Pleyel on January 30, 2017 in Paris, France. (Photo by Bertrand Rindoff Petroff/Getty Images)

Lundi, soir de pluie. Mais pas de soucis. Julien Clerc en tournée québécoise en formule piano-voix, il y avait de quoi remplir la Maison symphonique, peu importe les intempéries.

La légende française a évacué tout artifice de la présente série de concerts qui suit la sortie, l’automne dernier, de sa compilation Fans je vous aime, mignon clin d’œil à sa mythique chanson Femmes je vous aime: qu’un claviériste et lui-même, tantôt assis à son piano, tantôt debout, toujours en voix. Et que des classiques de sa collection, ceux qu’on ne sera jamais lassés de réentendre, cette pop intemporelle qui traverse toutes les générations.

Julien Clerc connaît bien le Québec, il y est venu souvent. N’empêche, avant le Festival d’été de Québec 2016, son dernier arrêt chez nous remontait aux FrancoFolies de Montréal 2012. Et sa plus «récente» tournée complète de la Belle Province date de… 1985, si on se fie aux souvenirs du principal intéressé, qui s’est rafraîchi la mémoire il y a quelques jours lors d’un séjour à Rivière-du-Loup.

Normal que l’homme de bientôt 70 ans, qui compte 50 années de carrière bien sonnées, ait été chaleureusement reçu. Qu’il n’en doute pas, il a encore et toujours «notre préférence». La complicité indéniable qui se ressentait entre le roi et sa cour était aussi palpable que touchante.

Lundi, c’était tout doux et rempli d’amour dans la majestueuse salle montréalaise, que Clerc a qualifiée de «merveilleuse», et dont il a envoyé des photos à «toutes [ses] connaissances». On a vibré au diapason d’un public visiblement attaché à l’artiste et ses mélodies, qui connaissait le répertoire de son idole sous toutes ses coutures.

Le timbre chaud, gravement profond et puissant est intact, comme si le temps n’avait aucune emprise sur un monstre sacré de la trempe de Julien Clerc, que les éclairages soignés de la Maison symphonique, dessinant mille et un motifs sous ses pas, mettaient en valeur comme il se doit.

La foule participe

Les premières notes jouées l’ont été sobrement, sur deux des pierres les plus précieuses du coffre aux trésors de Julien Clerc, Entre elle et moi et This Melody.

Après l’incontournable Fais-moi une place, l’ambiance s’est énergisée un brin, notamment grâce à La jupe en laine et son pimpant refrain. Puis, Si on chantait? Le parterre a acquiescé et a personnifié les choristes avec bonheur avant de, plus tard, ponctuer Ce n’est rien de battements de mains.

L’émotion était à fleur de peau au son de C’est en septembre, de Bécaud, juste avant que Clerc ne se lance dans son segment «choix du public» (pour lequel on devait voter), qui comprend des titres «cachés», moins populaires de son catalogue, du genre Souffrir par toi n’est pas souffrir, Ivanovitch et Le cœur trop grand pour moi.

Les irrésistibles et vivifiantes Venise et La Californie ont mené à l’envoûtante Le patineur, mais surtout à la berçante Ma préférence. «Ma préférence, à moi», ont tranquillement scandé les habitués de l’hymne. Julien Clerc a arrêté une seconde au milieu de la pièce pour rappeler à l’ordre les femmes qui ne s’époumonaient pas assez haut. Le moment a été apprécié, les acclamations debout qui ont suivi l’ont bien prouvé.

Mélissa et Hélène n’ont pas ralenti la cadence, de plus en plus joyeuse. Et la fête a continué sur Lili, sur Laissons entrer le soleil (Let The Sunshine, qu’on a évidemment soutenue en répondant à pleins poumons), puis sur Cœur de rocker, qui a déclenché une véritable fiesta.

Au rappel, Femmes, je vous aime a été rendue dans une parfaite harmonie collective. Julien Clerc a ensuite terminé son spectacle avec une surprise, en offrant aux siens une valeur sûre qu’on n’attendait pas, Travailler c’est trop dur. Une occasion de plus pour ses fidèles de lui témoigner leur reconnaissance en l’accompagnant avec générosité.

Julien Clerc se produira en supplémentaire à Montréal, au Monument-National, le 12 septembre prochain. D’ici là, il poursuit sa Tournée Pianos dans plusieurs régions du Québec et ce, jusqu’en octobre. Toutes les dates se trouvent sur son site web (www.julienclerc.com).

Emballant King Melrose

King Melrose avait la tâche pas trop difficile de réchauffer une assistance déjà enthousiaste avant que Julien Clerc n’entame sa prestation. Si l’association entre le jeune chanteur québécois et son aîné français n’apparaît peut-être pas naturelle d’emblée, c’est que Melrose est le protégé de la boîte de production Tandem, laquelle propulse aussi l’actuel passage de Julien Clerc ici.

Qu’importe : il ne s’agit pas que d’une décision d’affaires. Il fallait voir avec quelle aisance King Melrose a mis la Maison symphonique dans sa poche en moins de deux. Décidément décontracté comme dans ses pantoufles sur une scène, où on dirait qu’il y a passé toute sa vie.

Auteur-interprète capable de ficeler du matériel accrocheur, doublé d’un garçon sympathique et drôle, Sébastien Côté de son vrai nom a offert quelques pièces de sa discographie, assaisonnées de son humour rassembleur, dont la «controversée» Ça se danse (que Cœur de pirate l’a accusé d’avoir plagiée, des allégations douteuses qui se sont évaporées plus vite que neige au soleil) et son succès Ne me laisse pas tomber, que les gens ont entonnée en chœur et avec cœur avec lui.

Il a aussi entraîné la foule, a capella, sur un ver d’oreille qui ne date pas d’hier, Aline, dans une remarquable et charismatique envolée.

 

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