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02/06/2017 04:27 EDT | Actualisé 02/06/2017 04:40 EDT

Vive tension à Kaboul après l'attentat : quatre tués lors d'une manifestation

Quatre personnes ont été tuées vendredi lors d'affrontements entre les forces de l'ordre et une foule en colère exigeant la démission du gouvernement afghan après le sanglant attentat qui a frappé Kaboul mercredi.

La tension est vive dans la capitale, où la police a tiré à balles réelles pour disperser des centaines de manifestants qui tentaient de marcher sur le palais présidentiel après cet attentat ayant fait au moins 90 morts.

"Lors de la manifestation d'aujourd'hui, quatre personnes sont mortes et huit autres ont été blessées", a déclaré à l'AFP un porte-parole du ministère de la Santé, Waheed Majrooh.

La colère monte depuis l'attaque au camion piégé, qui a également fait des centaines de blessés, dans le quartier diplomatique de la capitale afghane, censé être ultra-protégé. Il s'agit du pire attentat qu'ait connu Kaboul depuis 2001.

Beaucoup d'Afghans se demandent comment les services de renseignement n'ont pu empêcher le camion piégé d'entrer dans un quartier bardé de barrages et généreusement pourvu en gardes de sécurité.

Les manifestants, dont certains armés de pierres, s'étaient rassemblés près du site de l'explosion, scandant des slogans anti-gouvernementaux, et "Mort aux talibans".

La police a riposté en tirant à balles réelles, et utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau quand plusieurs manifestants ont tenté de franchir un cordon de sécurité.

- 'Carnage' -

"Nos frères et soeurs ont péri dans l'attaque sanglante de mercredi et nos dirigeants ne font rien pour mettre fin à ce carnage", a accusé Rahila Jafari, une militante de la société civile, au cours du rassemblement. "Nous voulons la justice, nous voulons que les auteurs de l'attaque soient pendus", a-t-elle ajouté.

Un autre manifestant, furieux, a assuré que les rassemblements allaient se poursuivre jusqu'à la démission du président afghan Ashraf Ghani et du chef de l'exécutif du pays, Abdullah Abdullah. "Jour après jour, des civils innocents sont tués par des terroristes. Si nos dirigeants ne peuvent pas ramener la sécurité, ils devraient démissionner", a-t-il dit.

Le renseignement afghan a accusé le réseau Haqqani, un groupe armé allié des talibans à l'origine de nombreuses attaques contre les forces étrangères et locales en Afghanistan, d'avoir commis l'attentat, qui n'a pas été revendiqué à ce jour.

Les talibans, actuellement engagés dans leur traditionnelle "offensive de printemps", ont pour leur part ont nié toute implication.

Le président Ghani pourrait prochainement ordonner l'éxecution de 11 prisonniers talibans et appartenant au réseau Haqqani en représailles à l'attentat, a appris l'AFP de source gouvernementale.

Alors que plusieurs personnes sont toujours portées disparues après l'attentat de mercredi, les autorités sanitaires afghanes ont prévenu que de nombreux corps risquaient de ne jamais pouvoir être identifiés.

Le quartier diplomatique abrite le palais présidentiel et des ambassades et est censé être l'un des mieux protégés du pays. Près de dix missions diplomatiques ont été endommagées et plus d'une vingtaine de leurs employés figurent parmi les tués et blessés.

Cet attentat, intervenu dans un contexte de détérioration sécuritaire en Afghanistan, a été condamné dans le monde entier.

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