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02/06/2017 04:25 EDT | Actualisé 02/06/2017 15:23 EDT

VÉRIFIÉ: Le raisonnement de Trump pour se retirer de Paris est chancelant

WASHINGTON — Les raisons évoquées par le président Donald Trump et son administration pour justifier le retrait des États-Unis de l'Accord de Paris sur les changements climatiques sont chancelantes.

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SELON LA MAISON-BLANCHE: L'Accord de Paris «décapiterait dans les faits notre industrie du charbon, qui fournit actuellement environ le tiers de notre électricité».

EN FAIT: Le déclin de l'industrie américaine du charbon a commencé bien avant la signature de l'Accord de Paris en 2015. La cause principale est la concurrence du gaz naturel moins polluant et de plus en plus abordable. Les entreprises de services publics remplacent leurs centrales énergétiques au charbon par des centrales au gaz plus efficaces et moins dispendieuses à faire fonctionner.

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SELON M. TRUMP: Des «progrès économiques absolument énormes ont été réalisés (depuis mon élection)», ajoutant «plus d'un million d'emplois dans le secteur privé».

EN FAIT: C'est essentiellement vrai, mais il ne peut pas prendre le crédit des emplois créés pendant les mois avant son inauguration. Pour atteindre un million d'emplois, le président a dû remonter jusqu'au mois d'octobre. Et pendant la période de six mois entre octobre et avril, le secteur privé a créé un peu moins d'emplois que pendant les six mois précédents, tous sous le président Barack Obama.

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SELON M. TRUMP: «J'ai été élu pour représenter les citoyens de Pittsburgh, pas ceux de Paris».

EN FAIT: Peut-être, mais le comté d'Allegheny, qui englobe Pittsburgh, a largement voté pour Hillary Clinton en novembre. La ville s'est aussi dotée d'un plan pour augmenter l'utilisation d'énergies renouvelables. Le maire Bill Peduto, un démocrate et un partisan de l'Accord de Paris, a été outré de voir sa ville citée en exemple par M. Trump. Il a promis de continuer à respecter les lignes directrices du traité.

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SELON LA MAISON-BLANCHE: «Selon une étude de la firme NERA Consulting, respecter les engagements pris par l'administration Obama en vertu de l'Accord de Paris coûterait 3000 milliards $ US à l'économie américaine au cours des prochaines décennies. D'ici 2040, notre économie aurait perdu 6,5 millions d'emplois dans le secteur industriel — dont 3,1 millions dans le secteur manufacturier.»

EN FAIT: Cette étude a été commandée par deux groupes qui s'opposent depuis longtemps aux règles environnementales, la Chambre de commerce des États-Unis et l'American Council for Capital Formation (ACCF). Tous deux sont financés par ceux qui tirent profit de la consommation de combustibles fossiles. L'ACCF a ainsi reçu de l'argent de deux fondations contrôlées par les frères Koch, dont la compagnie possède des raffineries et des milliers de kilomètres d'oléoducs et de gazoducs.

L'étude adopte le pire scénario possible pour gonfler le coût d'un respect des obligations américaines en vertu de l'Accord de Paris et laisse essentiellement de côté les bienfaits économiques, pour les entreprises du pays, de projets d'énergie renouvelable.

Des études ont démontré que des règles plus serrées n'ont pratiquement aucun impact sur l'emploi. Les pertes d'emploi subies chez des compagnies polluantes ont tendance à être amorties par de nouveaux emplois verts.

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SELON LA MAISON-BLANCHE: Citant une étude du Massachusetts Institute of Technology: «Si tous les pays membres s'acquittent de leurs obligations, l'impact sur le climat sera minime», réduisant la hausse des températures par «moins de 0,2 degré Celsius d'ici 2100».

EN FAIT: Le cofondateur du programme de changements climatiques à MIT explique que l'administration Trump cite hors contexte une étude dépassée. Jake Jacoby a dit que le respect des obligations en vertu de l'Accord de Paris réduirait plutôt le réchauffement planétaire d'un degré Celsius. «Ils ont trouvé un chiffre qui appuie leur position», a-t-il dit.

Un degré peut paraître modeste, mais Stefan Rahmstorf, un climatologue de l'Institut Potsdam, en Allemagne, explique que «chaque dixième de degré augmente de manière considérable le nombre d'événements météorologiques extrêmes».