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02/06/2017 08:45 EDT | Actualisé 02/06/2017 09:00 EDT

Turquie : Paris "travaille activement" à la libération d'un photographe français

La France "travaille activement" à la libération du photojournaliste français Mathias Depardon, détenu depuis le 8 mai en Turquie, a déclaré vendredi le ministère des Affaires étrangères.

"Nous travaillons activement pour obtenir sa libération, en lien avec la famille et les proches de M. Depardon", a déclaré le porte-parole du ministère français.

Le consul-adjoint d'Ankara, Christophe Hemmings, a rendu visite vendredi au journaliste détenu dans un centre de rétention à Gaziantep (sud de la Turquie), a-t-on appris de source diplomatique française. Il s'agit de la deuxième visite consulaire depuis l'arrestation de M. Depardon.

"Son état de santé est bon, mais il est moralement fatigué", a affirmé la source à l'AFP.

La situation du photographe avait été évoquée lors d'un entretien le 25 mai à Bruxelles entre le président français Emmanuel Macron et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan. Ce dernier avait promis d'"examiner rapidement la situation".

Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian s'en est également entretenu avec son homologue turc Mevlüt Cavusoglu.

Installé en Turquie depuis cinq ans, Mathias Depardon, journaliste indépendant de 36 ans, a été arrêté le 8 mai à Hasankeyf, dans la province de Batman (sud-est), où il réalisait un reportage pour le magazine National Geographic.

Il a rapidement été transféré dans un centre d'accueil géré par la Direction des affaires migratoires à Gaziantep où il est retenu depuis, malgré une décision d'expulsion émise le 11 mai.

Selon la source diplomatique française, l'exécution de la décision d'expulsion est suspendue à la conclusion d'une enquête policière en cours sur des photos de bâtiments de sécurité qu'il aurait prises.

Pour protester contre la détention de M. Depardon, Reporters sans frontières (RSF) a appelé vendredi les médias français à boycotter un voyage de presse sponsorisé qu'Ankara organise dans les prochains jours à l'intention de journalistes français.

"En signe de solidarité avec Mathias Depardon, nous appelons les rédactions françaises à décliner cette invitation et à le faire savoir", a déclaré dans un communiqué le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire.

"Si les autorités turques désirent être mieux comprises des journalistes français, qu'elles commencent par relâcher leur confrère incarcéré sans raison depuis près d'un mois", a-t-il ajouté.

La Turquie occupe la 155e place sur 180 au classement 2017 de la liberté de la presse établi par RSF.

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