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02/06/2017 01:59 EDT | Actualisé 02/06/2017 02:20 EDT

Trump retire les USA de l'accord-climat: les réactions étrangères

"Faute honteuse", décision "funeste": chefs d'Etat et responsables internationaux continuaient vendredi à condamner la décision de Donald Trump de sortir les Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat, et affirmaient leur volonté de continuer sans lui.

- ONU

Malgré une "grande déception", le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres "fait confiance aux villes, aux Etats et aux entreprises aux Etats-Unis pour continuer - avec d'autres pays - (...) à oeuvrer en faveur d'une croissance économique durable et à faible émission de carbone qui créera emplois de qualité et marchés et assurera la prospérité au 21e siècle".

- Chine

La Chine, premier pollueur mondial, a promis vendredi d'appliquer l'accord de Paris. "Les parties prenantes doivent chérir ce résultat chèrement gagné", a déclaré devant la presse la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, avant de souligner que la Chine prendrait "des mesures concrètes" en réponse au changement climatique. "Nous tiendrons sincèrement nos obligations", a-t-elle assuré.

- Union européenne

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a jugé "gravement erronée" la décision du président américain, et a assuré vendredi qu'il n'y aurait pas de "retour en arrière".

Le monde "peut continuer à compter sur l'Europe" pour diriger la lutte contre le réchauffement climatique, a réagi le commissaire européen à l'Action pour le climat, Miguel Arias Canete.

Et l'European Chemical Industry Council a rappelé le soutien des "dirigeants de la chimie européenne" à cet "accord ambitieux et globalement contraignant".

- Allemagne-France-Italie

Les trois pays ont dit, dans une déclaration commune, "regretter" la sortie des Etats-Unis de l'accord-climat qui n'est, selon eux, "pas renégociable".

Le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel ont "confirmé leur engagement commun et résolu pour mettre en oeuvre l'accord de Paris" et manifesté leur volonté de "le défendre sur la scène internationale".

- Allemagne

"Nous sommes plus déterminés que jamais en Allemagne, en Europe et dans le monde à rassembler toutes nos forces" pour faire face au défi climatique, a déclaré vendredi la chancelière allemande Angela Merkel.

- France

Pour le président français Emmanuel Macron, M. Trump a "commis une faute pour l'avenir de notre planète", car "il n'y a pas de planète B". S'adressant en anglais aux Américains, M. Macron les a appelés à "rendre sa grandeur à notre planète" ("Make our planet great again"), paraphrasant le slogan de campagne de Donald Trump.

"A tous les scientifiques, ingénieurs, entrepreneurs, citoyens engagés que la décision du président des Etats-Unis a déçus", le chef de l'Etat français a assuré qu'ils trouveraient "dans la France une seconde patrie".

"Nous ne renégocierons pas un accord moins ambitieux, en aucun cas", a-t-il prévenu.

Son prédécesseur François Hollande a estimé que M. Trump avait pris "une décision funeste pour les Etats-Unis"

Le Français Laurent Fabius, qui avait présidé la COP21, a dénoncé "une faute honteuse et une erreur majeure", soutenue par "un lot de mensonges".

- Royaume-Uni

La Première ministre britannique Theresa May a appelé dès jeudi M. Trump pour lui dire sa conviction que l'accord de Paris protégeait "la prospérité et la sécurité des générations futures, tout en assurant l'accessibilité de l'énergie pour nos citoyens et nos entreprises".

- Autres pays européens

Décision "irresponsable" et qui porte "atteinte à la parole donnée" pour la Belgique, "triste journée pour le monde" selon le Premier ministre danois Lars Lokke Rasmusse, pas question de "reculer" pour les Italiens, et même détermination pour le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, qui note toutefois que "sans la participation des Etats-Unis, il sera plus difficile d'atteindre les objectifs".

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a assuré dans un tweet que son pays "maintenait son engagement" envers l'accord et que l'Europe "continuerait d'être en tête du combat" contre le réchauffement de la planète.

- Amériques

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a téléphoné à M. Trump pour lui dire "sa déception", et "la volonté soutenue du Canada de travailler à l'échelle internationale pour lutter contre le changement climatique".

Le Brésil a manifesté sa "profonde préoccupation et sa déception", "inquiet de l'impact négatif d'une telle décision", tout en rappelant que "le combat contre le changement climatique est un processus irréversible, inarrêtable et compatible avec la croissance économique".

L'Argentine a regretté l'effet de cette décision "sur l'esprit de solidarité et de coopération démontré" à Paris.

Malgré la décision américaine, le Mexique continuera à "encourager la coopération internationale, sans restriction, pour que l'accord de Paris s'applique en totalité".

Le changement climatique "est un fait établi basé sur des preuves scientifiques", insiste-t-il.

- Pacifique

Décision "profondément décevante", mais le combat contre le réchauffement climatique continuera, a déclaré le Premier ministre fidjien Voreqe Bainimarama, qui présidera les négociations à la COP 23 en Allemagne cette année.

"En tant que président de la prochaine COP, je réaffirme que je ferai tout mon possible pour forger une grande coalition qui fera perdurer l'élan constaté depuis l'accord de Paris. Et je suis convaincu que le gouvernement américain va finalement rejoindre le combat car les preuves scientifiques de l'influence de l'homme sur le changement climatique sont maintenant bien connues".

L'Australie a assuré que son pays respecterait ses engagements dans le cadre de l'accord de Paris. "Même sans les Etats-Unis, 70% des émissions mondiales restent concernées par cet accord".

La plupart des déclarations du président Trump sur le climat sont tout simplement inexactes, a réagi de son côté la ministre néo-zélandaise du changement climatique, Paula Bennett: "Tant de choses qu'il a dites sont fausses ! Ca ne coûtera pas plus aux Etats-Unis qu'aux autres d'être dans l'accord de Paris, et le changement climatique et ce que nous devons faire face à lui peut créer des emplois, pas en supprimer".

Le président de l'Assemblée de la Polynésie française Marcel Tuihani a fait part de sa "stupéfaction". "Nous regrettons que le président des États-Unis n'ait pas plus de considération pour les peuples des États insulaires du Pacifique, dont l'existence est menacée par les effets du réchauffement climatique scientifiquement prouvé."

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