DIVERTISSEMENT
02/06/2017 06:02 EDT | Actualisé 02/06/2017 06:07 EDT

The Chainsmokers au Centre Bell: vibrant, bruyant, dansant! (PHOTOS)

Le duo-sensation américain de l’heure a fait danser le Centre Bell avec sa pop-RnB-électro-et-autres-dérivés-sucrés.

David Kirouac

Le duo-sensation américain de l’heure, The Chainsmokers, a fait danser le Centre Bell avec sa pop-RnB-électro-et-autres-dérivés-sucrés, jeudi, moins d’un an après un arrêt remarqué à ÎleSoniq, au Parc Jean-Drapeau.

Seulement «fait danser»? Que disons-nous. C’est presque trop poli. Andrew Taggart et Alex Pall ont hypnotisé, fait sauter, crier, s’époumoner les 14 858 personnes venues les aduler, et qui n’avaient comme seul objectif que de faire la fête avec eux.

On aurait pu se croire dans un immense rave, mais la moyenne d’âge ambiante évoquait davantage une danse de polyvalente ou de cégep qu’un Bal en Blanc. On exagère à peine. Il y avait bien un papa ou une maman ça et là, mais essentiellement, ça sentait la première expérience du genre à plein nez chez la plupart des jeunes spectateurs présents.

C’a commencé avec le DJ belge Lost Frequencies, qui a brassé la cage à l’heure tendre de 19h avec ses remix de morceaux connus, dont le classique What Is Love. La majorité des occupants des gradins avait beau ne pas être née quand Haddaway caracolait au sommet des palmarès avec son légendaire hit dance, c’est quand même celui-ci qui a généré le plus d’enthousiasme. Fortes réactions également au tube Reality, deuxième qui a propulsé Lost Frequencies en 2015, et à la relecture d’Are You With Me, d’Easton Corbin, qui l’a aussi catapulté haut dans les airs, un an plus tôt.

Galerie photo The Chainsmokers au Centre Bell (1er juin 2017) Voyez les images

La jeune chanteuse Kiiara, vêtue de leggings brillants et d’un chandail du Canadien de Montréal, sa longue chevelure rosacée tombant légèrement en cascades sur ses épaules, a ensuite été gratifiée d’une honorable réception, mais même sa principale carte de visite, Gold, n’a pas causé le délire. Comme si même la fringante jeunesse composant le public-cible d’un tel événement pouvait connaître une baisse d’énergie à mi-parcours d’une soirée aussi enlevée.

Sitôt Kiiara hors de vue, vers 20h30, l’écran géant s’est recouvert d’un dessin suggérant un mur tapissé d’autocollants et d’un graffiti au crayon noir : Memories Do Not Open, titre du seul album complet en carrière des Chainsmokers. Mini hystérie, même si Andrew Taggart et Alex Pall avaient encore une vingtaine de minutes devant eux avant de venir lancer le party.

Atmosphère survoltée

Puis, à 20h53, ça y était. L’obscurité s’est créée dans l’amphithéâtre. Sur l’écran géant, ce sont des messages–textes qui sont apparus, et Andrew Taggart a fait irruption, l’air un peu mêlé, son téléphone en main. Puis, la mise en scène du DJ Set s’est installée et a littéralement fait bondir les âmes juvéniles sur leurs deux pieds.

On n’en était qu’à la première pièce, The One, que l’assistance explosait de joie. L’atmosphère s’est survoltée en moins de temps qu’il n’en faut pour claquer des doigts et ne s’est jamais calmée ensuite. Le Centre Bell est régulièrement le théâtre de plusieurs concerts, mais rarement les jambes se délient aussi vite et les bras se lèvent aussi prestement. Rarement l’auditoire répond autant sur-le-champ, avec une telle énergie.

Pendant une heure trente, les Chainsmokers nous ont offert une gigantesque piste de danse portée par leurs rythmes électro, qui ont instantanément fait vibrer plancher et plafond, résonnant dans les thorax (et les oreilles!), des éclairages stroboscopiques de toutes les couleurs, des animations sur vidéo, des nuages de fumée, des allers-retours aux instruments et à leur longue table de DJ, et une musique, dans son style, très efficace.

Le moment fut riche autant pour les yeux que pour les oreilles, et c’est sans parler de la générosité des deux musiciens, qui ont interagi sans relâche avec le parterre, qui leur rendait la faveur en hurlant sans cesse.

Sans lendemain?

Quand sont arrivés les extraits radio, il flottait dans l’air une vague odeur de one hit wonder. Ou de multiples hit wonders. Se souviendra-t-on des Chainsmokers au Québec dans 10 ou 15 ans? Ne parions pas tout notre argent là-dessus. Montée rapide signifie souvent, malheureusement, descente rapide également. À cet effet, quelqu’un a des nouvelles des Black Eyed Peas ou de LMFAO?

Mais, pour l’instant, les Chainsmokers frétillent des spasmes de la gloire et de la popularité. Les radios commerciales les portent aux nues, à en provoquer des «écoeurantites» aigues chez les non-amateurs de Closer, de Something Just Like This et de Paris, qui se relaient sur les ondes à vitesse grand V. Ils multiplient les collaborations (featuring) avec des noms importants, de Coldplay à Florida Georgia Line, et même Louane, jeune vedette blonde de La famille Bélier. Ils comptaient parmi les favoris des derniers Billboard Music Awards, d’où ils sont repartis avec cinq statuettes, fin mai.

Bref, il n’y a pas qu’aux tables tournantes que ça roule pour les deux jeunes hommes, beaux à faire damner les plus saints des saints et dangereusement en forme physiquement, comme on a pu le constater pendant leur prestation.

Jeudi, l’harmonie des voix sur Roses était impressionnante, tout comme l’amas de serpentins qui s’est abattu sur les premières rangées de la foule pendant la chanson. Emily Warren s’est jointe à ses collègues pour entonner Dont’ Say puis, plus tard, My Type.

La vénérée Closer s’est amorcée dans un long pianotement au synthétiseur et les fans, pas cons, n’ont pris que quelques secondes à comprendre ce qui approchait. Les premières mesures ont donné lieu à une folie furieuse à en donner mal aux cordes vocales, puis les gens ont doucement adhéré aux paroles, sans rater les effets pyrotechniques qui ont enjolivé le numéro. Alerte aux vidéos Facebook, plusieurs cellulaires se sont spontanément hissés pendant l’interprétation de l’attendue power ballade.

Les sonorités des Chainsmokers n’ont par la suite jamais été aussi lourdes et assumées qu’en fin de piste, sur Paris. Laquelle s’est fondue dans Something Just Like This - déployée dans une symphonie de lumières aux teintes vives et à rayons plus ou moins larges -, après, entre autres, de nombreux échantillonnages, dont un, planant, d’Around The World, de Daft Punk. Au grand bonheur de la horde de «pré-milléniaux» qui dépensait encore tout son dynamisme en se trémoussant comme si rien d’autre n’existait.

 

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