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02/06/2017 00:18 EDT | Actualisé 02/06/2017 00:40 EDT

Retour sur terre: Thomas Pesquet et son collègue russe ont pris place dans le Soyouz

L'heure est venue pour les astronautes français Thomas Pesquet et russe Oleg Novitski de mettre leur scaphandre. Ils regagnent la Terre vendredi après un séjour de près de 200 jours dans l'espace.

En début de matinée, Thomas Pesquet et Oleg Novitski ont dit au revoir aux astronautes qui restent dans la Station spatiale internationale (ISS), à 400 km de la Terre.

A 07H35 GMT (09H35 heure de Paris), les deux hommes se sont installés dans le vaisseau Soyouz MS-03, le même qui les avait amenés dans l'espace dans la nuit du 17 au 18 novembre. Le cosmonaute russe Fiodor Iourtchikhine, qui reste sur l'ISS, a ensuite fermé les écoutilles du Soyouz.

L'ISS "va me manquer", a écrit sur Twitter Thomas Pesquet, parlant de "l'aventure la plus intense de (sa) vie".

A l'aller, les deux astronautes étaient accompagnés de l'Américaine Peggy Whiston, 57 ans, qui a vu sa mission prolongée jusqu'en septembre. Sa place dans le vaisseau russe restera vide.

"Ils vont bien sûr nous manquer, ce sont des astronautes exceptionnels", a déclaré, les larmes aux yeux, Peggy Whitson, avant de passer le commandement de l'ISS à Fiodor Iourtchikhine.

Les astronautes avaient mis deux jours pour rejoindre l'ISS mais il ne leur faudra que 3h20 environ pour atterrir, vers 14h10 GMT (16h10 heure de Paris) dans les steppes du Kazakhstan.

Benjamin des astronautes européens, dixième Français à aller dans l'espace, Thomas Pesquet, 39 ans, effectuait son premier vol dans l'espace. Ingénieur aéronautique et pilote de ligne, il a mené au total 60 expériences scientifiques et réalisé deux sorties pour des opérations de maintenance de l'ISS.

Le commandant de bord du Soyouz, Oleg Novitski, 45 ans, est pour sa part un ancien pilote de l'armée de l'air russe, père de deux petites filles. Il avait déjà passé cinq mois sur l'ISS en 2012 et 2013. Il a cette fois effectué une cinquantaine d'expériences scientifiques pour l'agence spatiale russe Roskosmos.

"Les deux cosmonautes ont rempli toutes les tâches qui leur avaient été confiées de façon satisfaisante. Il n'y a eu aucun problème au sein de l'équipage", a déclaré à l'AFP Iouri Malentchenko, vice-directeur du Centre de préparation des Cosmonautes à la Cité des étoiles, près de Moscou.

"Thomas Pesquet s'est préparé à la Cité des étoiles. Nous avons bien vu qu'il était très qualifié, un véritable professionnel (...), avec une grande envie de travailler dans l'espace. Et son vol a confirmé ces qualités", a-t-il ajouté.

- 'Cerise sur le gâteau' -

"Thomas a travaillé de façon remarquable", assure de son côté Jean-Yves Le Gall, président du Cnes, l'agence spatiale française. "Il a rempli tous les objectifs fixés que ce soit sur le plan scientifique ou la maintenance de l'ISS. Cerise sur le gâteau, il a permis au grand public de devenir acteur de la mission", en communiquant sur les réseaux sociaux.

Le désamarrage du vaisseau Soyouz à la Station orbitale est prévu vers 10H50 GMT (12h50 heure de Paris).

Environ deux heures et demi après, les moteurs principaux du Soyouz seront activés pendant un peu moins de cinq minutes pour la manoeuvre de "désorbitation", souligne l'Agence spatiale européenne. Cela permettra au Soyouz d'amorcer sa descente.

Il se séparera ensuite en trois parties. Le module orbital et le module de service, devenus inutiles, s'éloigneront et brûleront dans l'atmosphère.

Le module de descente, avec les deux astronautes, affrontera des températures allant jusqu'à 1600°C, en raison du frottement de l'atmosphère sur le bouclier thermique.

Après six mois et demi en apesanteur, les astronautes retrouveront brutalement la gravité et ressentiront jusqu'à quatre fois leur poids pendant la décélération.

A une dizaine de kilomètres d'altitude, les parachutes se déploieront, freinant encore le Soyouz. A moins d'un mètre du sol, des rétrofusées s'allumeront, pour ralentir davantage la vitesse du module.

Lorsqu'il aura touché le sol, les équipes de récupération et de secours fonceront vers le point d'atterrissage.

Le président français Emmanuel Macron, qui se rendra vendredi au Centre national d'études spatiales pour assister au retour sur Terre du spationaute Thomas Pesquet, s'entretiendra avec lui à sa sortie de la capsule, selon l'Elysée.

Quelques heures après, si son état de santé le permet, Thomas Pesquet s'envolera pour le Centre européen des astronautes à Cologne (Allemagne) tandis qu'Oleg Novitski rejoindra Moscou.

L'équipe médicale de l'ESA surveillera la réadaptation à la gravité du Français, qui sera également soumis à une batterie de tests et d'examens médicaux à visée scientifique.

Les vaisseaux russes Soyouz sont le seul moyen d'acheminer et de rapatrier les équipages de la station orbitale depuis l'arrêt des navettes américaines. Avant-poste et laboratoire orbital mis en orbite en 1998, l'ISS a coûté à ce jour quelque 100 milliards de dollars.

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