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02/06/2017 08:18 EDT | Actualisé 02/06/2017 08:40 EDT

Pour Trump, l'accord de Paris est un carcan économique dont il fallait se débarrasser

En sortant de l'accord de Paris, Donald Trump souhaite avant tout se débarrasser d'un carcan qui l'empêche de mettre en oeuvre sa politique économique et de tenir ses promesses électorales.

- La relance -

Elu essentiellement grâce aux voix des Etats industriels et miniers de la "rust belt", Donald Trump a promis de relancer les industries traditionnelles, comme l'automobile, l'acier ou le charbon. Il veut aussi accroître la production de pétrole américaine essentiellement issue du schiste.

Ce n'est pas par hasard qu'il a affirmé jeudi avoir été "élu pour représenter les habitants de Pittsburgh, pas de Paris".

Cette ville de Pennsylvanie (est) - un Etat qui a voté de justesse pour lui en novembre et contribué à faire basculer l'élection en sa faveur - a longtemps été la capitale industrielle des Etats-Unis sur laquelle le roi de l'acier Andrew Carnegie a bâti sa fortune au 19e siècle. L'exemple était toutefois mal choisi car US Steel n'est aujourd'hui plus que le 11e employeur de la ville dont le maire lui-même, le démocrate Bill Peduto, a assuré qu'il se conformerait aux objectifs fixés par l'accord de Paris.

Pour Donald Trump, qui cite une étude du NERA (National Economic Research Institute), l'accord de Paris "pourrait coûter 2,7 millions d'emplois d'ici 2025", dont "440.000 dans l'industrie manufacturière".

Il ne cite pas des statistiques - plus anciennes - du Bureau national des statistiques (BEA) qui évaluait en 2013 à près de 3,5 millions le nombre d'emplois "verts" dans l'économie américaine.

Selon l'Agence internationale des énergies renouvelables (Irena), 777.000 personnes travaillaient aux Etats-Unis dans le secteur des énergies renouvelables (hors hydroélectricité) en 2016 avec une croissance dix-sept fois plus rapide que pour l'ensemble de l'économie américaine.

La décision de sortir de l'accord a d'ailleurs été dénoncée immédiatement par les plus grandes entreprises américaines, y compris dans le secteur de l'industrie et de l'énergie qui ont entamé depuis plusieurs années un virage vers les ressources renouvelables ou moins polluantes comme le gaz naturel.

- "America First" -

"L'Amérique d'abord" est le slogan que Donald Trump a mis en avant dès son discours d'inauguration en janvier.

Or, pour lui, l'accord de Paris "désavantage les Etats-Unis" qui sont "le leader mondial en terme de protection de l'environnement".

Il omet de rappeler qu'ils sont aussi le deuxième émetteur mondial de carbone derrière la Chine. L'accord prévoit des transferts d'argent des pays les plus riches vers les autres pour leur permettre de financer leur transition énergétique alors que Trump se plaît à décrire une Amérique "endettée à hauteur de 20.000 milliards de dollars, dont les villes à court d'argent ne peuvent embaucher assez de policiers ou réparer des infrastructures vitales et où des millions de citoyens sont au chômage". Il oublie là-aussi de dire qu'il s'agit néamoins de la première économie mondiale en terme de production de richesse avec 25% du PIB mondial et que le taux de chômage y est tombé au plus bas depuis 16 ans en mai à 4,3%.

Alors qu'il a entrepris de dénoncer ou de renégocier les accords commerciaux signés depuis plusieurs décennies par les Etats-Unis, en affirmant qu'ils désavantagent le pays, rester dans l'accord de Paris aurait impliqué pour Donald Trump d'accepter d'une main ce qu'il rejette de l'autre.

- Politique intérieure -

Lors de la campagne et depuis son élection, Donald Trump entend détricoter l'héritage de son prédécesseur démocrate Barack Obama. Que cela soit sur l'assurance santé ou la protection de l'environnement.

Il s'est aussi engagé dans une politique de déréglementation tous azimuts et il a affirmé jeudi que l'accord de Paris ajouterait aux contraintes placées sur les entreprises, notamment dans le secteur de l'énergie, les empêchant d'exploiter les richesses naturelles du pays.

Alors qu'il peine à faire adopter par le Congrès la réforme de l'assurance maladie, que sa réforme fiscale reste au niveau des voeux pieux et que son administration est empêtrée dans l'affaire russe, sortir de l'accord ne nécessite aucun processus parlementaire et lui permet d'affirmer que "une par une", il tiendra "les promesses faites au peuple américain".

jld/vmt/vog

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