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02/06/2017 07:18 EDT | Actualisé 02/06/2017 07:40 EDT

Maroc: nouvelle journée de grève générale à Al-Hoceïma, boycott des mosquées peu suivi

La plupart des commerces sont restés portes closes vendredi à Al-Hoceïma, dans le nord du Maroc, au deuxième jour d'une grève générale qui a vu néanmoins un mot d'ordre de boycott des prêches officiels des mosquées peu suivi.

En début d'après-midi, la très grande majorité des commerces du centre-ville était fermée, a-t-on constaté, à l'exception de deux ou trois pharmacies, et du grand supermarché de la ville, où beaucoup d'habitants venaient faire des provisions à quelques heures de la rupture du jeûne du ramadan.

La veille, cette grève générale avait été très suivie dans la ville, ainsi que dans d'autres localités de la province.

Lancée à l'appel du "hirak", le mouvement qui anime la contestation populaire depuis sept mois dans la région du Rif, ce mot d'ordre de grève entend protester contre l'arrestation du leader du "hirak", Nasser Zefzafi, et de plusieurs militants.

Un mot d'ordre de boycott des mosquées --et d'aller prier dans la rue en protestation contre les prêches officiels-- avait été également lancé à l'occasion de la grande prière du vendredi, mais a lui été peu suivi, selon un journaliste de l'AFP sur place.

A l'exception d'une mosquée proche du domicile de Zefzafi, la fréquentation des autres mosquées de la ville était quasi-normale, avec une assistance nombreuse en ce vendredi marquant la fin de la première semaine du jeûne du ramadan, a-t-on constaté.

Dans la ville voisine d'Imzouren en revanche, les fidèles ont prié dans la rue, sur le seuil de la mosquée, selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux.

Depuis la diffusion vendredi dernier d'un mandat d'arrêt visant Nasser Zefzafi, le leader de la contestation qui secoue le Rif ces derniers mois, la province d'Al-Hoceïma est en effervescence.

Nasser Zefzafi, qui disait lutter contre la "marginalisation" de la région et dénonçait "la corruption" de l'Etat "policier", a été interpellé lundi pour "atteinte à la sécurité intérieure".

Il est accusé, entre autre, d'avoir interrompu le prêche d'un imam dans la principale mosquée de la ville. Il s'en était pris au prédicateur, lui reprochant d'inciter les fidèles à prendre parti contre la contestation.

bur-hba/nbz