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02/06/2017 06:44 EDT | Actualisé 02/06/2017 07:00 EDT

Lula harangue la gauche brésilienne : "nous allons gouverner à nouveau"

L'ex-président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a demandé à la gauche de se préparer à revenir au pouvoir, après la destitution traumatisante pour le parti des Travailleurs (PT) de l'ancienne chef de l'Etat Dilma Rousseff.

Vêtu d'un t-shirt rouge, Lula, 71 ans, a parcouru la scène en haranguant la foule dans la perspective de la présidentielle d'octobre 2018.

"2018 est loin pour celui qui n'a pas d'espoir, mais pour nous 2018 a déjà commencé. C'est pour ça qu'ils ont peur et que nous avons la certitude de que si la gauche va au combat avec un programme bien préparé nous allons gouverner à nouveau ce pays", a-t-il lancé jeudi soir, à l'ouverture du congrès du PT à Brasilia.

Luiz Inacio Lula da Silva, qui a présidé le Brésil de 2003 à 2010, est en tête des intentions de vote, mais il est visé par cinq procédures judiciaires dans le cadre du méga-scandale Petrobras et risque la prison.

Ce congrès coïncide avec la grave crise qui secoue le pouvoir du président conservateur Michel Temer, avec les défilés de milliers de Brésiliens qui réclament son départ et "des élections directes maintenant".

Un an après avoir succédé à Dilma Rousseff, destituée pour maquillage des comptes publics, son mandat ne tient qu'à un fil depuis la révélation à la mi-mai d'un enregistrement compromettant dans lequel il semble donner son accord pour acheter le silence d'un ex-député aujourd'hui en prison.

"Tout le monde ici soutient le +Temer, dehors!+ et est contre des élections indirectes", a résumé la sénatrice du PT Gleisi Hoffmann, donnée favorite pour présider le parti.

En vertu de la Constitution, si M. Temer est destitué ou démissionne, la chambre des députés sera chargée de désigner son successeur dans les 30 jours. Mais beaucoup de Brésiliens refusent ces élections indirectes, en raison de l'image ternie du Parlement, dont des dizaines de membres sont visés par des enquêtes pour corruption.

Le destin du chef de l'Etat pourrait être scellé par le Tribunal supérieur électoral (TSE), qui juge à partir du 6 juin des irrégularités dans le financement de la campagne de 2014 menée au côté de Mme Rousseff.

Un sondage publié en avril par l'institut Datafolha créditait Lula de 30% des intentions de vote au premier tour et indiquait que seuls deux candidats le battraient au second, d'une courte marge. Ce même sondage montrait toutefois que, s'il reste très populaire, Lula est aussi l'une des personnalités qui suscitent le plus fort rejet parmi les Brésiliens.

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