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02/06/2017 04:06 EDT | Actualisé 02/06/2017 04:20 EDT

Low cost : Barcelone se rêve en hub européen des vols long-courrier

L'aéroport de Barcelone, porte d'entrée touristique de l'Espagne, ambitionne de s'imposer comme un hub européen des vols low cost long-courrier, type de liaisons en plein essor.

Un premier vol low cost pour Los Angeles a décollé jeudi de l'aéroport El-Prat, opéré par Level, la nouvelle compagnie à bas coût créée spécialement pour les longues distances par IAG, maison-mère d'Iberia et British Airways.

Suivront des liaisons vers San Francisco, Buenos Aires et Punta Cana, en République dominicaine.

La low cost Norwegian, très en pointe sur ce créneau, lui emboitera le pas à El-Prat dès le 5 juin avec des vols vers New York, Los Angeles, Miami et San Francisco, faisant de Barcelone sa cinquième base après Londres-Gatwick, Paris-CDG, Bangkok et Amsterdam.

Soit un total de 22 liaisons transatlantiques low cost par semaine au départ de la capitale catalane à des prix très compétitifs aux conditions habituelles des low cost (réservations à l'avance, peu ou pas de bagages...).

Longtemps considérés irréalisable faute de rentabilité, les vols à bas coût de plus de cinq heures commencent à devenir une réalité.

Les pionniers comme Air Asia, Norwegian ou French Blue ont pris pied sur ce marché potentiellement juteux, grâce à des avions moins gourmands en carburant, sur fond de prix bas du kérosène.

Au point de pousser IAG, qui rejetait en 2014 l'idée de long-courriers au départ de Barcelone, à changer radicalement de stratégie, de peur de rater le coche.

Une manne dont l'aéroport d'El Prat est bien placé pour profiter, deuxième aéroport d'Espagne en termes de passagers et de chiffre d'affaires après Madrid-Barajas.

El Prat est en effet bien meilleur sur le créneau des voyages à bas coût : Barcelone était classée en 2016 comme le premier hub d'Europe pour les low cost par le cabinet de consultants spécialisé OAG, car elle détient le record du nombre de correspondances possibles pour ce type de vols.

Une position impulsée par l'attrait de la ville la plus touristique d'Espagne, qui a reçu l'an dernier 9 millions de visiteurs ayant passé au moins une nuit sur place. Le trafic passagers y a bondi de plus de 60% entre 2009 et 2016.

Mais presque aucun vol long-courrier des compagnies traditionnelles n'en décollait jusqu'ici.

"Il y avait une anomalie dans le marché : Barcelone est une ville avec un profil international très fort (...) mais les liaisons longue distance n'étaient pas à la hauteur", explique un porte-parole de Norwegian, soulignant que la compagnie y a vu "une opportunité de marché".

- Correspondances -

Le nombre important de vols low cost moyen-courrier atterissant à Barcelone devrait faciliter le remplissage des long-courriers, un élément clé pour assurer leur rentabilité.

Level "va profiter du fait que Vueling (la low cost d'Iberia dans le même groupe) est très présent sur le marché", explique Philippe Berland, consultant chez Sia Partners. Les passagers pourront par exemple prendre un vol Vueling depuis Paris, puis la correspondance à Barcelone avec un vol Level vers les Etats-Unis.

Les autorités catalanes espèrent que l'effet "hub" permettra d'amplifier l'essor économique de leur région, au-delà du seul tourisme.

Et "nous serons à 200 euros de la Silicon Valley et des entreprises technologiques les plus importantes du monde", s'enthousiasme le secrétaire aux infrastructures du gouvernement régional Ricard Font.

Les entreprises catalanes pourront profiter de ces vols pour prospecter en Argentine ou en Californie, se félicite aussi Jaume Adrover, directeur de la section aéroportuaire de la chambre de commerce de Barcelone.

En outre, le nombre de postes de travail créés autour de l'aéroport sera supérieur à celui généré par les moyen-courriers, selon M. Adrover.

El Prat génère aujourd'hui 125.000 emplois (directs, indirects, induits). Norwegian prévoit d'y doubler ses effectifs en 2017, à près de 800 personnes.

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