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02/06/2017 12:25 EDT | Actualisé 02/06/2017 12:40 EDT

Les canons à son potentiellement dangereux (juge américain)

Les canons de harcèlement acoustique utilisés par les forces de l'ordre à New York sont des outils susceptibles d'être à l'origine de violences policières s'ils sont mal utilisés, a pour la première fois estimé la justice américaine.

Ces dispositifs développés dans les années 2000 pour des besoins d'abord militaires émettent des sons stridents dans une direction précise, d'un niveau tellement élevé qu'ils se révèlent extrêmement désagréables et peuvent servir à disperser une foule de manifestants.

Ils ont été utilisés le 5 décembre 2014 contre des personnes qui protestaient à Manhattan contre l'absence d'inculpation d'un policier impliqué dans l'homicide d'Eric Garner, un Noir qui avait étouffé lors d'une interpellation musclée.

Six manifestants avaient ensuite déposé plainte, se plaignant de migraines, de vertiges, de douleurs dans les sinus et de perturbations auditives.

Le canon à son "ne se différencie pas des autres outils de l'arsenal de maintien de l'ordre qui peuvent être potentiellement utilisés de façon sûre ou de façon dangereuse", a estimé dans sa décision rendue jeudi le magistrat Robert Sweet, en citant comme exemples les grenades assourdissantes ou aveuglantes.

"On peut légitimement admettre qu'il n'était pas adéquat d'utiliser un très puissant dispositif d'amplification sonore à proche distance des plaignants", a-t-il ajouté.

Les avocats de ces derniers se sont félicités d'une décision de portée nationale ouvrant la voie à des poursuites contre la ville de New York et contre les deux policiers accusés d'avoir eu recours de façon nocive au canon, nommé en anglais Long Range Acoustic Device (LRAD).

Le LRAD a été conçu dans le sillage d'un attentat au Yémen contre le destroyer lance-missiles USS Cole de la marine américaine. Cet appareil peut également servir de puissant mégaphone pour donner des instructions à une foule.

"La décision du juge Sweet est la première dans le pays à considérer l'utilisation d'un LRAD comme un acte de force", a déclaré vendredi à l'AFP l'avocat Gideon Oliver.

"Les services de police dans le pays sont avertis que le LRAD peut être dangereux s'il est mal utilisé, et que cette mauvaise utilisation peut déboucher sur des poursuites pour force abusive", a-t-il ajouté.

Selon le site internet de la société le fabriquant, le LRAD est utilisé dans plus de 250 villes, comtés et Etats américains.

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