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02/06/2017 09:38 EDT

Le retrait américain de l'Accord de Paris pourrait faire mal aux pétrolières canadiennes

La décision du président américain, Donald Trump, de retirer son pays de l'Accord de Paris sur les changements climatiques risque d'avoir un impact sur la compétitivité des entreprises énergétiques du Canada, selon des membres du secteur.

Un texte de Mario De Ciccio

Des membres de l’industrie pétrolière en Alberta craignent que le retrait des Américains de l’Accord de Paris ne vienne briser un certain équilibre que celui-ci apportait entre les deux compétiteurs.

Le président-directeur général de l’Association des services pétroliers du Canada, Mark Salkeld, estime que l’Accord que Paris est un détriment pour l’ensemble de l’industrie pétrolière mondiale.

« Il y a des coûts associés avec le combat contre les changements climatiques que les entreprises devront débourser pour répondre aux politiques des gouvernements », avance Mark Salkeld.

« Si tout le monde doit vivre avec les mêmes coûts, les choses seraient relativement égales », croit-il. « Cependant, en perdant ces coûts, les entreprises aux États-Unis bénéficieront tout simplement d’un avantage économique supplémentaire. »

Selon Mark Salkeld, les coûts de production sont déjà plus avantageux aux États-Unis, et ce nouveau déséquilibre pourrait inciter certains des membres de son association à aller faire affaire au sud de la frontière.

L’Association canadienne des producteurs pétroliers estime aussi que c’est la compétitivité de l’industrie canadienne qui écopera du retrait des Américains. Un problème qui démontre la nécessité d’une approche canadienne pour rendre ses entreprises plus compétitives, explique la porte-parole Chelsie Klassen, dans un communiqué.

« Nous devrions nous concentrer sur les questions qui améliorent notre avantage concurrentiel, explique-t-elle, comme la réforme fiscale et les relations internationales. »

Le gouvernement albertain garde le cap

Dans un message vidéo publié sur Twitter, la première ministre de l’Alberta, Rachel Notley, dit croire à l’importance de tenir ses engagements auprès du monde.

Quand nous faisons une promesse au reste du monde, nous la tenons. Alors que les États-Unis se retirent de leurs engagements face aux changements climatiques, sachez qu'ici, en Alberta, nous tenons les nôtres.

Rachel Notley, première ministre de l’Alberta

« L'Alberta est la centrale énergétique du Canada. Nous l'avons toujours été, nous le serons toujours », ajoute la première ministre. « Cependant, cela ne veut pas dire que nous pouvons ignorer la science du climat et la nécessité urgente d'agir. »

Sans pour autant commenter sur l’impact que le retrait de Donald Trump pourra avoir sur l’industrie albertaine, la première ministre a rappelé les efforts de l’Alberta pour contrer les changements climatiques « soutenus par les industries, les environnementalistes et les peuples de Premières Nations. »

Sa ministre de l’Environnement, Shannon Phillips, ne croit pas que le retrait américain aura un impact négatif sur la province. Au contraire, elle dit y voir une occasion.

« S’il y a un impact, ce sera qu’il y aura plus d’investisseurs qui se tourneront vers le Canada et l’Alberta pour investir dans l’énergie propre ou renouvelable », explique la ministre.

Selon l’analyste Martin Pelletier, un gestionnaire de portefeuille à TriVest Wealth Counsel, cette façon de voir les choses du gouvernement est idéaliste.

Il estime cependant que l’impact sur la compétitivité sera bien réel, et que la solution la plus simple à ce problème sera l'expansion de l’oléoduc Trans Mountain afin de diversifier le marché albertain.