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02/06/2017 16:55 EDT | Actualisé 02/06/2017 18:03 EDT

Ingérence russe: le rôle de Paul Manafort scruté par le procureur spécial

WASHINGTON — Le procureur spécial qui enquête sur les liens présumés entre l'équipe de campagne de Donald Trump et le gouvernement russe a repris le flambeau de l'enquête criminelle du département de la Justice visant l'ex-dirigeant de campagne du président américain, Paul Manafort.

Robert Mueller pourrait en outre élargir son analyse pour enquêter également sur le rôle joué par le procureur général et son adjoint — respectivement Jeff Sessions et Rod Rosenstein — dans le congédiement de James Comey à la tête de la police fédérale américaine (FBI), a appris l'Associated Press.

La décision de Robert Mueller de porter son attention sur M. Manafort semble indiquer qu'il entend aller de l'avant avec un mandat élargi alors qu'il a été désigné tout récemment pour prendre les rênes d'une enquête qui suscite beaucoup de réactions : celle sur la possible ingérence de la Russie dans la campagne présidentielle américaine de 2016.

M. Manafort avait dû démissionner de son poste de directeur de campagne de M. Trump puisqu'il s'était retrouvé dans l'eau chaude quant aux relations d'affaires qu'il avait entretenues par le passé en Ukraine.

L'élargissement de l'enquête de M. Mueller a été révélée à l'Associated Press, mais personne parmi les individus bien au fait des démarches n'a voulu indiquer à micro ouvert la portée de l'enquête. La raison généralement invoquée est que l'enquête est tout juste au stade embryonnaire et que la fuite de détails pourrait compliquer le processus.

Dans une entrevue individuelle accordée à l'Associated Press vendredi, le procureur général adjoint Rosenstein a reconnu que M. Mueller pourrait élargir la portée de son travail d'enquête pour pouvoir se pencher sur son propre rôle et celui de Jeff Sessions dans le renvoi de M. Comey.

M. Rosenstein, qui a nommé M. Mueller comme procureur spécial, a rédigé la note de service visant à justifier la décision du président Trump de licencier M. Comey.

Quant à Jeff Sessions, il a rencontré M. Trump et M. Rosenstein pour discuter du congédiement en question en dépit de son engagement de ne pas s'impliquer dans toute chose qui pourrait être liée au dossier controversé de la Russie.

M. Rosenstein a soutenu en entrevue que si M. Mueller en vient à braquer les projecteurs sur lui dans le cadre de son enquête, il se récuserait de ses obligations de surveiller le travail du procureur spécial. Selon les règles du département de la Justice,  M. Mueller doit obtenir la permission de Me Rosenstein pour se pencher sur des aspects additionnels qui ne sont pas spécifiés dans le document officiel de sa nomination comme procureur spécial. 

«J'ai parlé au directeur Mueller de cela», a dit Me Rosenstein.  «Il va prendre la décision appropriée et si quoi que ce soit que j'ai fait s'avère être pertinent à son enquête alors, tel que (nous) l'avons discuté, si je dois me recuser, je le ferai.»

Un porte-parole pour M. Mueller, Peter Carr, a refusé de commenter la portée de l'enquête.

M. Mueller a été nommé procureur spécial le 9 mai, après que M. Comey eut été démis de ses fonctions de directeur du FBI. Il a lui-même été à la tête du FBI pendant 12 ans.

M. Comey doit témoigner la semaine prochaine devant le comité de renseignement du Sénat.