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02/06/2017 13:08 EDT | Actualisé 02/06/2017 15:24 EDT

Élection partielle à Sault-Sainte-Marie : les conservateurs célèbrent, les libéraux et le NPD réfléchissent à la suite

L'heure est aux bilans pour les partis politiques ontariens au lendemain de l'élection partielle de Sault-Sainte-Marie. Le progressiste-conservateur Ross Romano l'a emporté avec 40 % des voix. Une victoire sans équivoque.

Un texte de Julie-Anne Lamoureux

La première ministre, Kathleen Wynne, a pris acte de la défaite de sa candidate lors de l'élection partielle de Sault-Sainte-Marie.

Elle admet que les élections partielles peuvent être difficiles pour le gouvernement.

Les élections partielles sont difficiles. Nous avions une excellente candidate. Je souhaite la meilleure des chances au nouveau député. Ma priorité est d'implanter notre plan.

Kathleen Wynne, première ministre de l'Ontario

Les électeurs de Sault-Sainte-Marie ont choisi Ross Romano du Parti progressiste-conservateur pour les représenter à l'Assemblée législative. Avec 40 % des voix, c'est une victoire incontestable.

La politologue Laure Paquette de l'Université Lakehead parle d'un référendum sur le gouvernement en place qui obligera les libéraux à réfléchir sur leur stratégie pour la prochaine année.

C'est une gifle en plein visage sans aucun doute pour la première ministre... Il y a une insatisfaction criante qui s'est exprimée.

Laure Paquette, politologue, Université Lakehead

Elle ne croit pas que la victoire conservatrice signifie nécessairement qu'il y aura une vague bleue dans un an. Mais une telle victoire dans un château fort libéral signifie que les électeurs conservateurs étaient mobilisés, présents et surtout très critiques du gouvernement.

Ce sont 44 % des électeurs inscrits sur la liste électorale qui se sont prévalus de leur droit de vote. Il s'agit d'un taux de participation élevé pour une élection partielle. Les taux de participation des dernières élections complémentaires oscillaient autour de 30 % en moyenne.

Un peu d'histoire

Le Parti libéral représentait la circonscription de Sault-Sainte-Marie depuis 2003.

Précédemment, les néo-démocrates occupaient ce siège. Le Parti progressiste-conservateur n'avait pas représenté la circonscription depuis 1981. Il s'agit de la 5e victoire lors d'élections partielles pour le parti.

Le nouveau député élu a remercié son équipe pour le travail acharné des six derniers mois.

Cette élection partielle était nécessaire en raison de la démission en décembre de l'ancien ministre libéral David Orazietti qui a quitté la vie politique.

Le chef conservateur Patrick Brown était à Sault-Sainte-Marie pour savourer cette victoire.

Les familles ontariennes envoient un message fort. Elles sont fatiguées de payer plus et de recevoir moins. Kathleen Wynne ne peut tenir aucune circonscription pour acquis.

Patrick Brown, chef du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario

Un an, c'est long

Il est encore trop tôt pour dire si cette victoire est un avant-goût de l'élection générale qui se tiendra dans un an. Le Parti libéral essuie toutefois une défaite cuisante en arrivant au troisième rang avec 23 % des voix et une candidate bien implantée dans la communauté alors qu'il en récoltait 59 % lors des élections de 2014.

La défaite est aussi particulièrement éprouvante pour les néo-démocrates qui espéraient faire un gain en misant sur l'insatisfaction ambiante. Ce sont plutôt les conservateurs qui en ont bénéficié.

Le NPD se console d'avoir vu une augmentation de son appui qui est passé de 25 % à 33 %. Ça n'aura toutefois pas été suffisant pour faire la différence. Les néo-démocrates n'ont pas gagné d'élection partielle depuis 2014.

Les partis ont besoin de regarder leurs programmes, leurs candidats, de préparer leurs campagnes avec soin. Le parti qui nous gouverne a besoin de se déniaiser. Il est déjà très tard.

Laure Paquette, politologue, Université Lakehead

Les résultats de l'élection partielle ne changent pas la nature du gouvernement majoritaire de Kathleen Wynne. Lorsque le nouveau député sera assermenté, il y aura 57 libéraux, 29 progressistes-conservateurs, 20 néo-démocrates et un député indépendant à l'Assemblée législative.