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02/06/2017 05:38 EDT | Actualisé 02/06/2017 05:40 EDT

Election clé au Mexique pour le parti du président Nieto

A un an de la présidentielle, le parti du président Enrique Peña Nieto affronte dimanche une élection difficile qui pourrait le voir perdre l'Etat de Mexico, son bastion depuis 1925 et l'Etat le plus peuplé et parmi les plus riches du pays.

Miné par les scandales de corruption et l'impopularité grandissante du président mexicain, le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) a cédé en 2016 cinq de ses fiefs historiques dont le Veracruz (est), troisième Etat le plus peuplé du pays.

Dimanche, lors des élections des gouverneurs dans trois Etats du pays, la perte de l'Etat de Mexico, considéré comme "le joyau de la couronne", avec ses 16 millions d'habitants à la périphérie de la capitale, serait un nouveau coup dur pour le parti au pouvoir.

"C'est l'Etat le plus important du pays et qui a servi au PRI de soutien, de forteresse, surtout lorsqu'il a été dans l'opposition durant 12 ans. A partir de là, il s'est reconstruit, s'est relevé et a obtenu des fonds pour les élections dans d'autres Etats", commente à l'AFP l'historien et analyste José Antonio Crespo.

Pour le président Peña Nieto, natif de cet Etat dont il a été gouverneur (2005-2011), une défaite serait un échec personnel, d'autant que le candidat du PRI, Alfredo del Mazo, 41 ans, est son cousin.

"L'Etat de Mexico, c'est le fief de Peña Nieto (...) l'endroit où il peut trouver refuge à la fin de son mandat. Il pourrait céder la présidence, mais pas son Etat", souligne à l'AFP l'analyste politique Martha Anaya, qui considère cette élection comme la plus importante de tout le mandat du président mexicain.

Une défaite placerait en outre ce parti - qui a dirigé le Mexique durant 70 ans jusqu'en 2000 - dans une mauvaise posture à un an de l'élection présidentielle de 2018.

Elle ouvrirait la voie à son principal rival, le parti Morena (gauche) d'Andrés Manuel Lopez Obrador, candidat malheureux à deux reprises aux présidentielles de 2006 et 2012, lequel pourrait enfin voir son rêve s'accomplir à la troisième tentative.

- 'Petite institutrice' -

Le candidat du PRI Alfredo del Mazo a reconnu lui-même l'enjeu du défi: "Tout ce que nous sommes, tout ce que nous avons fait, tout ce que nous avons construit durant tant d'années est aujourd'hui en jeu dans cette élection; de notre triomphe dépend le futur du pays".

Sa principale rivale est une institutrice de 54 ans, Delfina Gomez, du parti du Mouvement de régénération nationale (Morena), donnée au coude à coude dans les sondages.

"Ils pensent qu'une +petite institutrice+ ne peut pas le faire", lance-t-elle à ses partisans dans les meetings, en forme de défi au parti du président.

Toujours vêtue d'une chemise blanche, cette femme devenue maire en 2013 puis sénatrice use de son image austère et proche du peuple.

"Ces politiques pensent qu'ils doivent seulement avoir de l'argent, une ascendance, pour gouverner", clame-t-elle en référence à son rival, dont le père et grand-père étaient gouverneurs, quand le sien était maçon.

Les scandales de corruption des ex-gouverneurs du PRI et l'insécurité croissante dans l'Etat de Mexico la placent dans une position favorable pour créer la surprise.

"Le ras-le-bol, la lassitude et la colère visent surtout Peña Nieto", souligne Martha Anaya.

"Le PRI perd du terrain sur le plan électoral, c'est un fait, et c'est la première fois qu'il dirige moins de la moitié des Etats du pays", ajoute l'analyste.

Pour le parti du président, garder ce bastion ne garantirait pas une victoire à la présidentielle de 2018, mais donnerait le signal qu'il reste une force politique majeure du pays.

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