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02/06/2017 08:08 EDT | Actualisé 02/06/2017 08:20 EDT

Climat: les Etats-Unis isolés, l'UE et la Chine promettent de coopérer

Les Etats-Unis désormais isolés sur la scène internationale après leur retrait de l'accord de Paris sur le climat, l'UE et la Chine se sont affichées comme les nouveaux porteurs de flambeau de la diplomatie climatique.

Les réactions ont fusé des quatre coins de la planète - dans la sphère politique mais aussi économique - entre stupeur, colère et effarement, mais aussi détermination à poursuivre l'effort collectif promis à Paris.

Coïncidence des agendas, le sommet annuel UE-Chine organisé vendredi à Bruxelles a offert une tribune aux deux partenaires pour clamer haut et fort leur engagement commun.

"Aujourd'hui, nous accroissons notre coopération sur le changement climatique avec la Chine", a assuré le président du Conseil européen à l'issue de la rencontre.

Toutefois, une déclaration conjointe, attendue, n'a pu être été signée en raison d'un désaccord sur le contentieux commercial, a confirmé une source européenne. "Il n'y a pas de problème avec le climat ni l'accord de Paris", a insisté cette source.

Dès le début de la journée, le patron de la Commission européenne Jean-Claude Juncker avait dessiné les contours du nouveau moteur dans la lutte contre le changement climatique.

"Notre partenariat (avec la Chine) aujourd'hui est plus important que jamais", a assuré M. Juncker. Et la lutte contre le changement climatique, "plus importante aujourd'hui qu'hier", a avancé le chef de l'exécutif européen en guise d'introduction.

La Chine, plus discrète que l'UE sur le sujet vendredi à Bruxelle, s'est tout de même dite prête à "chérir le résultat chèrement gagné" à Paris.

Aux côtés de Pékin, l'engagement des Etats-Unis de Barack Obama avaient largement participé à la réussite de l'accord de Paris, signé en décembre 2015 par plus de 190 pays et qui vise à contenir la hausse de la température moyenne mondiale "bien en deçà" de 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle.

Le retrait américain de cet accord pourrait, "dans le pire des scénarios", se traduire par une augmentation supplémentaire de 0,3 degré de la température du globe au cours du 21ème siècle, a estimé l'ONU.

Dans le concert de condamnations, peu de voix discordantes se sont fait entendre. Parmi elles, le président russe Vladimir Poutine s'est refusé à "condamner" son homologue américain, plaidant pour un "travail en commun" avec les Etats-Unis.

Dans un long discours, Donald Trump avait affirmé jeudi que "l'heure (était) venue" pour son pays de quitter l'accord de Paris, tout en souhaitant pouvoir négocier un accord, ou renégocier l'actuel, et sans préciser quels engagements les Etats-Unis seraient prêts à prendre.

"Je ne pense pas que nous allons modifier nos efforts pour réduire (nos propres) émissions de gaz à effet de serre à l'avenir", a tenté de rassurer vendredi le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson.

- Plus déterminés que jamais -

Peu avare de critique envers les Etats-Unis ces derniers jours, la chancelière allemande Angela Merkel a affirmé être "plus déterminée que jamais" à agir pour le climat après la claque infligée par Donald Trump.

La réponse des Européens a été immédiate et tranchante: s'ils "regrettent" cette décision, Berlin, Paris et Rome ont souligné, dans un communiqué commun, que l'accord ne pouvait en aucun cas être renégocié.

Un traité international "engage un pays, pas un parti" politique, a vertement réagi Miguel Arias Canete, commissaire européen à l'Action pour le climat et négociateur à Paris. Selon lui, les Etats-Unis n'ont pas tiré les leçons de Kyoto, précédent accord sur le climat auquel ils n'avaient pas participé.

Donald Tusk a qualifié la décision de Trump d'erreur encore "plus grosse" que celle de ne pas ratifier le Protocole de Kyoto.

Les Nations Unies, qui chapeautent l'accord, ont fait part de leur "grande déception".

"On ne peut pas arrêter l'action concernant le climat", pas plus que le changement climatique est indéniable, a noté le secrétaire général des Nations-Unies Antonio Gutteres.

En opposition au président américain qui affiche sa volonté de soutenir les énergies fossiles au nom de la défense de l'emploi, les Européens, mais aussi le Brésil ou la Nouvelle-Zélande, ont réitéré que la transition énergétique est un facteur de croissance.

L'Inde, dans le top 5 des principaux pollueurs, a appelé au respect de l'accord de Paris.

- Revers pour le leadership américain -

La décision de jeudi va au-delà de la question climatique. Elle donne une indication sur le rôle que les Etats-Unis sous la direction de Donald Trump entendent jouer sur la scène internationale dans les années à venir.

Aux Etats-Unis, de nombreuses figures du monde économique ont fait part de leur déception, et ont insisté sur l'urgence d'agir face au réchauffement.

Elon Musk, par exemple, le très médiatique PDG du constructeur de voitures électriques Tesla et ardent défenseur des énergies renouvelables, a immédiatement quitté un poste de conseiller de Donald Trump.

De New York à la Californie, plusieurs dizaines de villes et d'Etats américains ont immédiatement organisé la résistance, promettant qu'au niveau local l'Amérique continuerait d'avancer vers une économie verte.

Barack Obama a amèrement regretté l'arbitrage de son successeur, mais gardait espoir que "nos Etats, villes et entreprises seront à la hauteur et en feront encore plus pour protéger notre planète pour les générations futures".

L'objectif des Etats-Unis, fixé par l'administration Obama, était une réduction de 26% à 28% de leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2025 par rapport à 2005.

La procédure de retrait, prévue par l'article 28 de l'accord de Paris, devrait reporter le retrait effectif en 2020. Cependant, a pris soin de préciser M. Trump, les Etats-Unis cessent "dès aujourd'hui" son application.

Au-delà de la secousse que représente cette annonce, l'inquiétude est réelle concernant les financements, tant pour la Convention climat de l'ONU (23% du budget apportés par les Américains) et l'aide internationale aux pays les plus pauvres, à l'instar du Fonds vert.

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