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01/06/2017 15:04 EDT | Actualisé 01/06/2017 16:15 EDT

Trump abandonne l'Accord de Paris, « inéquitable », selon lui

Tel que promis en campagne électorale, le président américain Donald Trump a annoncé cet après-midi que son pays allait se retirer de l'Accord de Paris. Il se dit toutefois prêt à négocier une nouvelle entente internationale pour lutter contre les changements climatiques « dans des termes justes pour les États-Unis ».

Malgré les appels lancés par de nombreux chefs d'État pour qu'il revienne sur cette promesse – notamment lors du sommet du G7 à Taormine –, M. Trump a affirmé lors d'une déclaration à la Maison-Blanche que l'Accord de Paris est « inéquitable », « nuisible aux travailleurs américains » et qu'il pourrait entraîner la suppression de plus de 2,5 millions d'emplois d'ici 2020, mentionnant notamment les industries de l'automobile, du ciment, du charbon et du gaz naturel.

Accueilli au micro par son vice-président Mike Pence, le président américain a été chaudement applaudi par les républicains qui se trouvaient dans l'audience.

« Je ne veux rien qui puisse se mettre en travers de notre chemin » pour redresser l'économie américaine, a-t-il déclaré.

À l'inverse, le président a plaidé que les cibles de la Chine et de l'Inde prévues dans l'Accord de Paris n'étaient pas assez élevées. « Cet accord porte moins sur le climat que sur [le fait] que d'autres pays obtiennent un avantage financier aux dépens des États-Unis », a-t-il lancé.

L'ex-président américain Barack Obama, qui avait négocié la réduction de 26 à 28 % des émissions des États-Unis par rapport aux niveaux de 2005 d'ici 2025, a été prompt à réagir à l'annonce de son successeur. Il a soutenu par communiqué que l'administration de Donald Trump rejoignait ainsi « une petite poignée de pays qui rejettent l'avenir ».

La mairesse de Paris, Anne Hidalgo, a fait de même, estimant que Donald Trump venait de commettre « une erreur aux conséquences dramatiques ».

Si cette décision risque de nuire aux relations diplomatiques des États-Unis, elle représente toutefois une victoire pour la droite nationaliste américaine. Le conseiller de la Maison-Blanche Steve Bannon avait notamment exprimé son mécontentement face au texte de l’accord, jugeant qu’il nuirait à l’économie américaine ainsi qu’au programme énergétique des États-Unis.

Un accord historique

L’Accord de Paris avait été conclu en décembre 2015 au Bourget. Lors de son entrée en vigueur le 4 novembre 2016, il a été qualifié d'« historique » dans la mesure où il est le premier texte portant sur les enjeux climatiques mondiaux à être adopté par autant de pays, soit 195.

L’accord vise à contenir « bien en dessous » de 2 degrés Celsius la hausse des températures moyennes mondiales par rapport à la moyenne de l'ère préindustrielle. Les États ont également convenu de « poursuivre les efforts » pour contenir la hausse à 1,5 degré.

C’est la deuxième fois en 20 ans que les États-Unis se retirent d'une entente internationale sur le climat, après l'avoir négociée et ratifiée. La première fois avait eu lieu en 1997, lorsque George W. Bush avait annoncé le retrait des États-Unis de l'Accord de Kyoto, signé sous l'administration de Bill Clinton.

Les États-Unis sont le deuxième pays le plus pollueur au monde, derrière la Chine, qui se dit prête à jouer un rôle accru pour défendre l'Accord de Paris.