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01/06/2017 08:10 EDT | Actualisé 01/06/2017 08:20 EDT

Suède: l'extrême droite, premier parti d'opposition (sondage)

Les Démocrates de Suède, parti d'extrême droite, est la première formation d'opposition au gouvernement de centre-gauche dans le pays scandinave, devant les conservateurs en pleine déconfiture, selon un sondage publié jeudi.

A un peu plus d'un an des législatives prévues en septembre 2018, les Démocrates de Suède recueillent 18,4% d'intentions de vote, passant pour la première fois devant les Modérés (conservateurs), à 18,1%, selon l'enquête de l'institut national statistique réalisée deux fois par an.

Le Parti social-démocrate du Premier ministre Stefan Löfven, formation qui domine la vie politique suédoise quasiment sans partage depuis la Seconde Guerre mondiale, reste le premier du pays avec 31,1% d'opinions favorables. Il gouverne depuis 2014 avec les Verts.

Les Démocrates de Suède, dont les racines puisent aux sources du mouvement néo-nazi, progressent aux élections et dans l'opinion publique depuis plusieurs années. Ils ont fait leur entrée au Parlement en 2010 avec 5,7% des suffrages, puis ont recueilli 13% des voix quatre ans plus tard.

Longtemps cantonnés à la marge par les partis historiques qui maintenaient un épais cordon sanitaire autour d'eux, les Démocrates de Suède fragilisent l'alliance de centre-droite (Modérés, Centre, libéraux et chrétiens-démocrates), divisée sur la stratégie à suivre.

La patronne des Modérés, Anna Kinberg Batra, a récemment rompu le statu quo en plaidant pour une coopération parlementaire au cas par cas avec les Démocrates de Suède.

Depuis lors, les Modérés dévissent dans les sondages: ils perdent cinq points de pourcentage par rapport à la dernière enquête SCB diffusée en novembre. Et les appels à la démission d'Anna Kinberg Batra se multiplient.

Forts de leur dynamique, les Démocrates de Suède ont de leur côté fait savoir qu'ils ne soutiendraient plus aucun bord au Parlement sans participer au gouvernement en place.

"Il n'y a vraiment aucune autre alternative et les Modérés ont fini par s'en rendre compte", a réagi Mattias Karlsson, président du groupe des Démocrates de Suède au Riksdag, le parlement monocaméral de Suède, cité par l'agence TT.

Contraint sur sa droite de durcir son discours sur l'immigration et la sécurité, le parti conservateur "n'est pourtant pas parvenu à regagner les électeurs perdus au profit des Démocrates de Suède", relevait jeudi le quotidien de référence Dagens Nyheter.

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