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01/06/2017 02:29 EDT | Actualisé 01/06/2017 02:40 EDT

Les transporteurs polonais contre une réforme européenne

Les transporteurs polonais ont annoncé jeudi une mobilisation internationale contre une réforme du transport routier dévoilée la veille par la Commission européenne et qui, selon eux, risque d'être "mortelle" pour le secteur.

Les routiers polonais, acteur majeur des transports à l'échelle européenne, dénoncent principalement la mesure concernant les conditions d'application du statut de "travailleur détaché" pour un chauffeur en provenance d'un autre Etat membre.

"Ces nouvelles barrières bureaucratiques risquent de s'avérer mortelles", a déclaré à l'AFP Anna Wrona, la porte-parole de l'Union des transporteurs routiers internationaux en Pologne ZMPB qui indique regrouper environ 4.500 entreprises représentant une flotte globale de plus de 100.000 véhicules.

Selon elle, les petites entreprises ne seront jamais en mesure de suivre les différentes règles nationales sur l'emploi et la rémunération au long de leurs trajets à grande distance, une spécialité des routiers polonais, qui occupent 24% de ce marché.

"Il faut une réaction forte. Les lettres ne suffisent plus", a tonné lors d'un point de presse à Varsovie Jan Buczek, le président de ZMPB, sans préciser la nature des protestations qui restent à décider.

Il a annoncé une conférence au parlement européen à Bruxelles, le 7 juin, et une rencontre des associations de routiers des pays d'Europe centrale et orientale, le 8 juin en Pologne.

"Quand on nous détruit nos emplois et les entreprises que nous avons bâties depuis plus de vingt ans (après la chute du communisme, ndlr), la déception et la détermination pour agir sont au zénith", a insisté M. Buczek.

En accusant Bruxelles de restreindre la liberté fondamentale européenne de circulation des services, le chef de l'Union des transporteurs a estimé que "la Commission européenne s'est inclinée devant le populisme électoral en France et en Allemagne", deux pays importants parmi ceux qui souhaitent protéger leurs entreprises d'un coût du travail inférieur pratiqué dans les pays d'Europe centrale et orientale.

La réforme européenne, qui doit encore être discutée par les Etats membres et les eurodéputés, a divisé le continent en deux blocs de pays s'accusant les uns de protectionnisme, les autres de dumping social, dans un secteur où la concurrence fait rage et qui représente 5 millions d'emplois directs en Europe.

Quelque 30.000 sociétés polonaises qui disposent au total d'environ 200.000 véhicules et emploient 300.000 chauffeurs risquent d'être touchées par les nouvelles dispositions, estime la ZMPD.

sw/pg