NOUVELLES
01/06/2017 13:53 EDT | Actualisé 01/06/2017 14:00 EDT

Le Québec relance le débat sur sa spécificité au sein du Canada

Le Premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a proposé jeudi de relancer le débat sur la spécificité culturelle de la province francophone au sein du Canada, mis en sourdine après l'échec des indépendantistes québécois au référendum de 1995.

Dans un document de près de 200 pages intitulé "Québécois, c'est notre façon d'être Canadiens", le gouvernement provincial souhaite la reconnaissance de la "nation québécoise" et de son statut distinct au sein de la fédération canadienne.

Interrogé à ce sujet, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a aussitôt indiqué qu'il n'était pas question de rouvrir la constitution canadienne.

Farouche défenseur de l'unité canadienne, M. Couillard a dit vouloir amorcer "une démarche de reprise du dialogue entre les peuples qui ont formé ce pays", à un moment où l'opposition indépendantiste est divisée et considérablement affaiblie.

"En cette année du 150e anniversaire de la fédération" canadienne, "il est important de rappeler que notre vision du pays reste celle du pacte fondateur modifié sans notre consentement en 1982", a-t-il justifié.

Cette année-là, la constitution canadienne avait été rapatriée de Londres et amendée avec le consentement de toutes les provinces, à l'exception du Québec qui ne l'a jamais signée depuis, car elle a affaibli ses pouvoirs de légiférer, notamment en matière de langue.

"Comme tous les Québécois, je suis fier de notre spécificité", a indiqué Philippe Couillard lors d'une conférence de presse.

"Avec ce document, nous faisons une déclaration d'affirmation du peuple québécois", a-t-il dit en rappelant que son existence était bien antérieure à la création du Canada en 1867, remontant à "l'arrivée des premiers colons français".

"Pour nous, cette fédération est née d'un pacte entre deux peuples fondateurs qui, depuis sa naissance, auraient dû obligatoirement inclure les Premières nations" autochtones, a-t-il ajouté.

"Cette vision d'un pacte historique entre les peuples demeure la nôtre", a-t-il insisté. Cette vision du Québec est catégoriquement rejetée par la majorté anglophone du pays.

Le document décrit le Québec comme "une nation démocratique à majorité francophone", désireuse de répondre "aux aspirations des Premières Nations et des Inuits", forte de la présence "historique" d'une communauté anglophone et riche d'une "diversité" issue de l'immigration "qui s'intègre à la trame historique québécoise".

Le texte reprend plusieurs revendications formulées par le Québec lors de la saga du débat constitutionnel canadien des années 1980-90.

jub-jl/vog