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01/06/2017 10:44 EDT | Actualisé 01/06/2017 11:00 EDT

Huit mois avant son départ, Raul Castro maintient Cuba sur la voie de prudentes réformes

Huit mois avant de céder la présidence de Cuba, Raul Castro a confirmé jeudi que son pays restait ouvert à de nouvelles réformes prudentes malgré la crise traversée par son partenaire vénézuélien et le revirement probable des Etats-Unis vis-à-vis de l'île.

Le président cubain s'est exprimé en clôture d'une session extraordinaire de l'Assemblée nationale qui a validé une série de feuilles de route censées guider le gouvernement au-delà de février 2018, date à laquelle M. Castro s'est engagé à quitter la présidence après dix ans à la tête du pays.

"Ces documents (...) nous permettront de continuer à avancer dans l'actualisation du modèle économique et social ou, ce qui est la même chose, changer tout ce qui doit être changé", a déclaré M. Castro, 85 ans.

Ces réformes "seront menées au rythme que dictera le consensus auquel nous parviendrons au sein de notre société", a-t-il ajouté sans toutefois faire d'annonce concrète dans ce discours publié par les médias d'Etat. Comme habituellement, la presse étrangère n'était pas invitée à cette session de l'Assemblée.

Les 612 députés cubains ont voté les textes qui avaient été validés en avril 2016 lors du dernier congrès du Parti communiste cubain (PCC). Ces feuilles de route avaient ensuite été "significativement" modifiées lors de consultations menées auprès d'assemblées populaires locales.

Les versions définitives du "Projet de conceptualisation du modèle économique et social 2016-2030" et du "Plan de développement économique et social" d'ici 2030 devraient être publiées dans les prochains jours.

Les textes validés en 2016 évoquaient une éventuelle légalisation des petites et moyennes entreprises privées "en complément" des entreprises d'Etat, ce qui constituerait une première dans un pays où seul le petit entrepreneuriat privé individuel est autorisé depuis quelques années.

Dans son discours, Raul Castro a également réaffirmé "le caractère socialiste de la révolution cubaine et le rôle du PCC comme force dirigeante supérieure de la société et de l'Etat", au moment où les Etats-Unis, après un rapprochement historique, réclament des réformes démocratiques.

Donald Trump et son administration attendent aussi du président cubain des progrès importants en matière de droits de l'homme et ont indiqué qu'ils pourraient revenir sur certaines mesures prises par Barack Obama dans le cadre de la récente détente entre les deux ex-ennemis de la Guerre froide.

M. Castro a également apporté une nouvelle fois un soutien sans faille au gouvernement vénézuélien, dénonçant "l'agression subie" par son principal partenaire politique et commercial, en proie à une profonde crise politique et économique.

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