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31/05/2017 23:43 EDT | Actualisé 01/06/2017 00:00 EDT

France: ouverture d'une enquête visant un ministre proche de Macron

La justice française a annoncé jeudi l'ouverture d'une enquête préliminaire dans une affaire immobilière impliquant Richard Ferrand, un ministre proche du président Emmanuel Macron.

Cette enquête ouverte à Brest (ouest) intervient le jour même de la présentation à la presse d'une loi sur la moralisation de l'éthique politique promise par le nouveau chef de l'État au nom de l'exemplarité.

La semaine dernière, la presse a notamment révélé que la compagne de M. Ferrand avait bénéficié de l'attribution d'un marché de location d'une mutuelle d'assurance quand il en était le directeur général (1998-2012).

Après ces révélations, le procureur de Brest avait estimé que les faits ne constituaient pas une infraction et ne permettaient pas d'ouvrir une enquête.

"Après analyse des éléments complémentaires", il a toutefois annoncé jeudi qu'il saisissait la police d'une enquête préliminaire.

"Cette enquête aura pour but de recueillir tout élément permettant une analyse complète des faits et de rechercher si ceux-ci sont susceptibles ou non de constituer une infraction pénale en matière de manquement au devoir de probité et aux règles spécifiques du code de la mutualité", a ajouté Eric Mathais dans son communiqué.

Mercredi, l'association anticorruption Anticor a porté plainte contre X à Brest sur le fondement du délit d'abus de confiance dans l'affaire immobilière.

La plainte d'Anticor vise "Richard Ferrand, mais également les membres du conseil d'administration des Mutuelles de Bretagne (qu'il dirigeait) ainsi que la bénéficiaire de l'opération, à savoir la compagne de M. Ferrand", a précisé le président de l'association Jean-Christophe Picard.

Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires, a vigoureusement démenti toute irrégularité et a exclu de démissionner.

Mais en plein chantier sur l'éthique dans la vie politique, cette affaire a fragilisé l'ex-socialiste rallié de la première heure à Emmanuel Macron, même s'il a reçu le soutien du président et du Premier ministre.

Le chef de l'Etat a ainsi appelé mercredi en Conseil des ministres "à la solidarité".

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