NOUVELLES
01/06/2017 03:47 EDT | Actualisé 01/06/2017 04:00 EDT

Espagne : démission du procureur anticorruption

Le chef du parquet anticorruption en Espagne a démissionné jeudi - officiellement pour raisons personnelles - alors que l'opposition réclamait sa révocation depuis qu'il avait admis détenir au Panama une partie d'une société offshore.

Le magistrat de tendance conservatrice était régulièrement accusé, depuis sa nomination en février, d'avoir été placé à la tête du parquet anti-corruption par le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy afin d'interférer dans des affaires sensibles.

Il a notamment été accusé par certains médias d'avoir tenté d'entraver des enquêtes délicates pour le Parti populaire au pouvoir.

Le Syndicat progressiste des procureurs avait considéré mardi que l'Espagne ne pouvait pas avoir un procureur anticorruption "en permanence remis en question" et "dont la conduite personnelle est loin d'être exemplaire".

L'annonce de son départ intervient un an après la démission du ministre espagnol de l'Industrie José Manuel Soria, qui avait menti sur ses liens avec des sociétés basées dans les paradis fiscaux des Bahamas et de Jersey.

Cette fois, c'est le procureur général pour la lutte contre la corruption et la criminalité organisée, Manuel Moix, qui se retire, dans un pays écoeuré par les scandales de corruption à répétition.

Le journal en ligne Infolibre avait révélé lundi qu'il possédait 25% d'une société enregistrée au Panama, héritée de son père, pour la propriété d'une maison évaluée à au moins 500.000 euros.

Jeudi, le plus haut responsable du ministère public a publiquement réaffirmé son soutien à M. Moix, en considérant qu'il n'avait rien fait "d'irrégulier ni d'illégal". "Je ne vois aucun motif pour le révoquer mais je dois vous dire qu'il m'a présenté il y a quelques minutes sa démission, pour raisons personnelles (...) et je n'ai pu le convaincre d'y renoncer", a dit à la presse le procureur général, Jose Manuel Maza.

Dans une interview publiée par El Mundo, M. Moix avait assuré avoir découvert l'existence de cette société offshore créée en 1988 seulement à la mort de son père en 2012, ce que la presse a ensuite mis en doute.

"Cette maison appartient à une société panaméenne dont avaient hérité à la mort de mon père ses quatre enfants", avait-il plaidé. "Je ne détenais pas une société pour opérer à l'étranger (...) et pratiquer l'évasion fiscale, mais au contraire une société inactive que j'avais déclarée" au fisc en Espagne, avait-il insisté.

lbx/mck/mct