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01/06/2017 06:57 EDT | Actualisé 01/06/2017 07:00 EDT

Trump annoncera aujourd'hui sa décision sur l'Accord de Paris sur le climat

Le président américain Donald Trump a indiqué qu'il annoncera sa décision sur un possible retrait des États-Unis de l'accord de Paris sur le climat, jeudi après-midi, lors d'un événement dans la roseraie de la Maison-Blanche.

M. Trump a fait état de cette annonce mercredi soir sur Twitter, après une journée au cours de laquelle des alliés des États-Unis à travers le monde ont sonné l'alarme quant aux conséquences probables d'un retrait des États-Unis. M. Trump a lui-même laissé planer le doute plus tôt, disant qu'il écoutait encore les avis de "beaucoup de gens d'un côté comme de l'autre".

La Maison-Blanche a signalé que M. Trump déciderait probablement de retirer les États-Unis de l'accord - respectant ainsi une promesse de campagne -, bien que des hauts conseillers étaient divisés. Et la décision finale pourrait ne pas être complètement tranchée: des proches délibéraient encore sur les termes employés, a indiqué un responsable.

Tout le monde prévenait qu'aucune décision n'était finale avant que M. Trump ne l'annonce. Le président a eu l'habitude de changer de cap sur des décisions majeures et a tendance à rechercher jusqu'à la dernière minute des avis tant à l'interne qu'à l'externe de conseillers ayant divers ordres du jour.

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L'Union européenne et la Chine, qui sont parmi les plus grands pollueurs au monde, entendent réaffirmer cette semaine leur engagement envers l'accord de Paris sur les changements climatiques, face à la possibilité que le président américain annonce que les États-Unis se retirent de l'entente.

C'est ce qu'a indiqué un haut responsable au sein de l'UE. Selon cette source, l'UE et la Chine "expliqueront clairement" les moyens qu'ils entendent prendre pour respecter les cibles fixées par l'accord de Paris.

Déjà, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a affirmé mercredi qu'il relevait du "devoir de l'Europe" de se tenir debout face aux États-Unis si ceux-ci décident de tourner le dos à l'accord de Paris. M. Juncker a souligné que les Américains ne peuvent pas simplement se retirer de l'entente, précisant qu'une telle décision prendrait "de trois à quatre ans" à se concrétiser.

Dans une salve visiblement adressée à l'administration de M. Trump alors qu'il participait à un événement de la Confédération des employeurs allemands, à Berlin, le président de la Commission européenne a fait valoir que tous les éléments compris dans l'accord en question ne constituent pas "des fausses nouvelles".

Plus tôt mercredi, un dirigeant de la Maison-Blanche avait fait savoir à l'Associated Press que Donald Trump aurait décidé de retirer les États-Unis de l'accord de Paris conclu en 2015.

Un retrait susciterait certainement la colère de ceux qui ont mis des années à négocier cette entente.

Les réactions n'ont d'ailleurs pas tardé à fuser, mercredi. Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a lancé sur Twitter que les changements climatiques sont "indéniables" et "impossibles à arrêter". Le patron de l'organisation environnementale Sierra Club, Michael Brune, a dit qu'un retrait américain serait une "erreur historique qui laissera nos petits-enfants stupéfaits qu'un leader mondial ait pu être aussi déconnecté de la réalité et de la moralité".

Près de 200 pays, dont les États-Unis et le Canada, ont accepté en 2015 de réduire volontairement leurs émissions de gaz à effet de serre afin de combattre les changements climatiques.

La Russie est actuellement la seule économie industrialisée qui refuse de combattre le réchauffement planétaire. Un éventuel retrait enverrait les États-Unis dans ce camp.

Plusieurs leaders européens ont fait pression sur M. Trump la semaine dernière pour qu'il maintienne la participation des États-Unis au traité.

Mercredi, l'Inde et l'Espagne ont réitéré leur engagement à mettre en pratique les dispositions des accords de Kyoto et de Paris. Le premier ministre indien Narendra Modi et le président espagnol Mariano Rajoy ont fait cette déclaration de façon commune dans un document.

Le premier ministre de la Chine Li Keqiang doit rencontrer les présidents du Conseil européen, Donald Tusk, et de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, vendredi à Bruxelles. C'est à cette occasion que les deux puissances réaffirmeront leur engagement envers l'accord de Paris, selon des sources bien informées.

M. Trump avait promis pendant la campagne présidentielle de retirer les États-Unis s'il était élu. Il a déjà qualifié les changements climatiques de "canular".

Les États-Unis sont le deuxième producteur mondial de gaz à effet de serre, derrière la Chine. Pékin a toutefois réaffirmé sa détermination à respecter ses engagements en vertu du traité de Paris, en annulant la construction d'une centaine de centrales énergétiques au charbon et en investissant des milliards de dollars dans l'énergie solaire et éolienne.

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