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01/06/2017 11:25 EDT | Actualisé 01/06/2017 12:00 EDT

Colombie: selon l'ELN, l'échéance présidentielle complique le processus de paix

La guérilla de l'ELN a estimé jeudi que l'échéance des élections, notamment présidentielle, en mai 2018 en Colombie va "beaucoup compliquer" la dynamique des pourparlers de paix entamés en février avec le gouvernement pour clore plus d'un demi-siècle de confrontation armée.

"L'an prochain, la même dynamique qu'impose la bataille électorale va beaucoup compliquer tout ce processus de paix et en particulier cette table" de dialogue, a déclaré le commandant guérillero Pablo Beltran, chef négociateur de l'Armée de libération nationale (ELN, guévariste), dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.

"Il faut faire un grand effort" pour parvenir à "un point de non retour d'ici décembre" afin que "quel que soit le gouvernement mis en place l'année prochaine, il soit sous la pression d'assurer la continuité" de ces pourparlers, a-t-il ajouté.

Le gouvernement du président Juan Manuel Santos, qui termine son mandat en août 2018, et l'ELN, dernière guérilla active de Colombie, ont entamé des pourparlers de paix le 7 février à Quito, après quasiment quatre ans de conversations secrètes.

Dans le cadre de ces négociations, les parties ont convenu d'impulser un plan pilote de déminage humanitaire et des actions pour diminuer l'intensité des affrontements armés.

Les pourparlers ont cependant connu des tensions, du fait d'enlèvements par l'ELN, pratique dont le gouvernement exige l'abandon avant un éventuel cessez-le-feu bilatéral que réclame cette guérilla d'encore quelque 1.500 combattants armés.

"Dans cette recherche d'accords, pour nous il y en a un fondamental c'est que cette table parvienne, à court terme, à établir un cessez-le-feu bilatéral", a réitéré Beltran.

Le président de Changement Radical, Jorge Velez, dont le potentiel candidat présidentiel est l'ex-vice-président de M. Santos, German Vargas, a averti que s'il remporte les élections, il cessera les négociations.

De son côté, le Centre Démocratique de l'ex-président de droite Alvaro Uribe a exigé leur suspension jusqu'à ce que l'ELN décrète un cessez-le-feu unilatéral.

Avec ce processus, le gouvernement tend à une "paix complète", après la signature d'un accord avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), la plus ancienne et plus importante guérilla des Amériques, avec près de 7.000 combattants qui ont entamé leur désarmement.

Le conflit armé a impliqué au fil des décennies une trentaine de guérillas, des paramilitaires d'extrême-droite et les forces armées, faisant au moins 260.000 morts, plus de 60.000 disparus et 7,1 millions de déplacés.

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