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01/06/2017 06:47 EDT | Actualisé 01/06/2017 07:00 EDT

Brésil: retour de la croissance après deux ans de récession

L'économie brésilienne a retrouvé le chemin de la croissance au premier trimestre 2017 après deux années de récession, mais l'incertitude plane sur le géant sud-américain, tant la crise politique est profonde et inquiète les marchés.

Le produit intérieur brut (PIB) du Brésil a progressé de 1% lors des trois premiers mois de l'année par rapport au quatrième trimestre 2016, après huit trimestres consécutifs de repli, a annoncé jeudi l'Institut brésilien de géographie et de statistiques (IBGE). Ce chiffre est légèrement supérieur à ce que prévoyaient les analystes en moyenne (0,9%).

Par rapport au 1er trimestre 2016, le PIB de la principale économie latino-américaine est cependant en retrait de 0,4%, a précisé l'IBGE.

Le Brésil a connu une chute du PIB de 3,6% en 2016 et 3,8% en 2015.

Selon les estimations du marché, la croissance devrait être de 0,5% cette année.

Le ministre des Finances Henrique Meirelles a salué un jour "historique". "Même s'il reste du chemin à parcourir pour atteindre la pleine récupération économique, nous sommes dans la bonne direction", a-t-il ajouté dans un communiqué.

Le président brésilien Michel Temer s'était félicité par anticipation mardi de "la fin de la pire récession de l'histoire" du Brésil.

Ce bon chiffre est annoncé à un moment où les marchés sont inquiets en raison de la grave crise politique que doit affronter le chef de l'Etat.

Un an après avoir succédé à Dilma Rousseff (gauche), destituée pour maquillage des comptes publics, le mandat de M. Temer ne tient pourtant qu'à un fil depuis la révélation à la mi-mai d'un enregistrement compromettant dans lequel il semble donner son accord pour acheter le silence d'un ex-député aujourd'hui en prison.

Visé par une enquête pour corruption passive et obstruction passive, Michel Temer fait aussi l'objet de plusieurs motions de destitution déposées au Parlement.

Mais le chef de l'État refuse catégoriquement de démissionner et a réitéré sa ferme intention de maintenir le cap des réformes visant à sortir le pays de la récession.

Le destin du président Temer pourrait être scellé par le Tribunal supérieur électoral (TSE), qui juge à partir du 6 juin des irrégularités dans le financement de la campagne de 2014 menée au côté de Mme Rousseff.

Une instabilité qui entretien la nervosité des marchés. L'agence de notation financière Standard and Poor's a ainsi averti la semaine dernière qu'elle pourrait abaisser la note de la dette souveraine du Brésil en raison de "l'incertitude politique croissante".

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