NOUVELLES
31/05/2017 05:53 EDT | Actualisé 31/05/2017 05:53 EDT

L'état de 42 barrages jugé critique au Québec

Philippe Moulier/Radio-Canada

Les ingénieurs du gouvernement dénoncent le manque d'entretien de 42 barrages dont l'état est jugé critique. Une note interne du ministère de l'Environnement datée de décembre dernier indique que plusieurs équipements, dont les systèmes d'ouverture des vannes qui contrôlent les crues, sont à risque de défaillance ou carrément dysfonctionnels.

Un texte d’Alexandre Touchette

Outré par l'inaction de Québec face au délabrement de 42 barrages répartis un peu partout dans la province, le syndicat des ingénieurs du gouvernement a porté plainte au Protecteur du citoyen au nom de la nouvelle loi facilitant la divulgation d’actes répréhensibles à l’égard d’organismes publics.

Une note interne du ministère, dont Radio-Canada a obtenu copie, indique que ces barrages en mauvais état risquent de ne pouvoir jouer leur rôle de contrôle des niveaux d’eau.

Ce rapport fait état de défaillances majeures qui compromettent la fonctionnalité des barrages en période de crue. Des systèmes de chauffage sont inopérants, des vannes sont dysfonctionnelles et des systèmes électriques et hydrauliques sont déficients – une situation qui pourrait entraîner des inondations ou encore assécher des prises d'eau potable.

« Si les vannes de ces barrages-là – qui sont mécanisés – sont toujours ouvertes, on perd la régularisation du débit, ce qui fait qu'on pourrait se ramasser avec des niveaux d'eau qui ne sont pas souhaités et mettre en danger la santé et la sécurité du public », explique Andy Guyaz, secrétaire-trésorier de l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ).

Pas de suite aux recommandations

Québec n'a pas donné suite aux demandes de l’auteur de la note interne du ministère, qui recommandait l'embauche d'une trentaine d'ingénieurs pour effectuer les inspections urgentes et assurer l’entretien des 760 barrages sous l’autorité de la direction principale des barrages publics.

« C'est comme si on n’entretenait pas un viaduc sur la base que personne ne passe dessus. Le barrage, le jour qu'il aurait dû servir et qu'il n’aura pas fonctionné, c’est là qu'on aura un problème », souligne M. Guyaz.

Dans ce contexte, des ingénieurs ont proposé d’abaisser le niveau d’eau des réservoirs pour réduire les risques, à défaut de pouvoir entretenir convenablement les vannes d’évacuation.

En juin 2015, un rapport du vérificateur général dénonçait le manque d'entretien des barrages québécois pourtant identifié depuis 2011. L'association des ingénieurs estime que la situation ne cesse de se détériorer depuis.

En grève depuis le 24 mai, les membres de l'APIGQ dénoncent depuis quelques semaines le délabrement des infrastructures publiques québécoises

Voir aussi: