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30/05/2017 06:54 EDT | Actualisé 30/05/2017 07:00 EDT

UE : le budget 2018 perturbé par les élections britanniques

La Commission européenne a présenté mardi une proposition de budget 2018 pour l'UE de 161 milliards d'euros, sur laquelle pèse encore l'incertitude de la position du Royaume-Uni en pleine campagne électorale.

Le budget proposé repose en effet sur une récente révision du cadre budgétaire pluriannuel, déjà négociée au sein de l'UE, mais dont Londres a soudainement bloqué fin avril l'adoption officielle.

"Le gouvernement britannique nous a communiqué quelque chose que nous devons respecter : pendant une campagne électorale, un gouvernement ne prend pas d'importantes décisions", a expliqué mardi le commissaire au Budget, Günther Oettinger.

Selon M. Oettinger, il s'agit de raisons "purement formelles" et le gouvernement britannique devrait revenir après les élections du 8 juin à sa position initiale, c'est-à-dire une simple abstention.

Contrairement à un veto, une abstention britannique ne bloquerait en effet pas la révision à mi-parcours du cadre budgétaire 2014-2020, qui fixe des plafonds de dépenses pour les budgets annuels et rendrait donc possible d'entériner le budget proposé mardi par l'exécutif européen.

"Mais les élections sont les élections, on ne sait pas qui sera au gouvernement après" au Royaume-Uni, a ajouté M. Oettinger, admettant qu'un veto britannique conduirait la Commission à "tout changer" dans son projet pour 2018.

Certaines des dépenses supplémentaires proposées, comme des crédits pour l'emploi des jeunes, "seraient menacées", estime notamment la Commission. Et il faudrait puiser dans les fonds pour l'agriculture pour financer des dépenses prévues en matière de sécurité et de migration.

Le proposition de budget 2018 prévoit 161 milliards d'euros en termes d'engagements (sommes prévues pour des programmes pouvant s'étendre sur plus d'un an), soit une hausse de 1,4% par rapport au budget 2017.

Un total de 55,4 milliards d'euros est notamment proposé au titre des fonds structurels et d'investissement pour les régions et les Etats membres et 59,6 milliards d'euros pour les agriculteurs et le développement rural.

La proposition de la Commission doit désormais être discutée par le Parlement européen et les Etats membres.

2018 devrait être la dernière année complète d'appartenance à l'UE du Royaume-Uni, dont le départ est programmé pour courant 2019.

Le Brexit aura un fort impact budgétaire, le Royaume-Uni ayant une contribution annuelle nette d'environ 10 milliards d'euros.

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