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30/05/2017 11:29 EDT | Actualisé 30/05/2017 11:50 EDT

Stéphanie Raymond déçue par la réaction du chef d'état-major

OTTAWA — L'ancienne caporale des Forces armées canadiennes Stéphanie Raymond et son avocat demandent que soit rendu public le rapport d'une commission d'enquête sur le traitement qu'elle a subi après avoir déposé une plainte d'agression sexuelle contre l'un de ses supérieurs.

La réaction du chef d'état-major de la Défense, le général Jonathan Vance, aux conclusions de cette commission d'enquête a eu l'effet d'une douche froide sur Stéphanie Raymond.

Mme Raymond et son avocat ont reçu deux documents confidentiels mardi: le rapport de la commission d'enquête qui confirmerait le lien entre sa plainte et le fait qu'elle n'ait pu obtenir une promotion ainsi qu'une lettre du chef d'état-major qui refuserait de reconnaître ces représailles.

Dans un communiqué, le chef d'état-major de la Défense écrit vouloir donner suite «dans les plus brefs délais» aux recommandations de la commission d'enquête sans en fournir la liste.

Il fait état des problèmes soulevés par le rapport, soit l'incapacité des Forces armées canadiennes à saisir «les profondes répercussions de l'incident du 15 décembre 2011» sur Stéphanie Raymond et le manque de leadership dans le traitement de sa plainte.

Le général Vance indique que certaines recommandations ont déjà été mises en oeuvre dans le cadre de l'opération Honour, comme celles visant à mettre fin aux comportements sexuels dommageables et inappropriés dans les Forces armées canadiennes.

Le cas de Stéphanie Raymond est perçu comme l'un des catalyseurs qui ont mené au lancement de cette opération en juillet 2016.

En 2012, Stéphanie Raymond avait accusé son supérieur hiérarchique, l'adjudant André Gagnon, de l'avoir agressée sexuellement. L'homme avait été acquitté deux ans plus tard à la suite d'un procès fortement médiatisé en cour martiale.

Entre-temps, Mme Raymond avait été congédiée.

La commission d'enquête avait été ordonnée par le chef d'état-major de la Défense précédent, le général Tom Lawson, pour tenter de comprendre comment Mme Raymond avait été traitée par l'armée, à partir du moment où elle a déposé sa plainte, jusqu'à son congédiement, en 2013.